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Le jour où Internet s'est arrêté [billet "invité"]

 2 Comments - Add comment Written a day ago by JeremieCL

Combien de personnes faut-il pour arrêter Internet ? La réponse, nous la connaissons depuis le 25 juin. Une seule ! raconte cnn.com.

Et cette personne n'est ni Oussama Ben Laden, ni Mahmoud Ahmadinejad, ni Christine Albanel.

Non, bien sûr, il s'agit de Michael Jackson.

Si vous avez eu la chance (je parle là d'un point de vue professionnel), d'être debout après minuit vendredi dernier, vous avez par exemple pu voir ceci :

twitter down 2

 

A plusieurs milliers de posts par minute au plus fort du suspense qui dura environ une heure (mort ? coma ? plus de peur que de mal ?), le réseau de microblogging n'a pas résisté. Il est tombé en panne à de nombreuses reprises ce soir-là. La courbe de fréquence du terme "Michael Jackson est à ce titre très impressionante. Près d'un tiers des tweets avaient pour thème "Michael Jackson" ou "MJ".

Twitter n'a pas été le seul service en panne. Ont connu le même sort : les sites de news people tmz.com, perezhilton.com ; la messagerie instantanée AIM (voir interview), Google News (pas moins), ainsi que le site du Los Angeles Times, premier média "sérieux" à donner la mort de Michael Jackson.

Premier média "sérieux", mais pas premier tout court. Et finalement cet événement a marqué la force des nouveaux entrants.

Les faits :

-  J'ai appris la nouvelle via Facebook. Cela aurait pu être twitter également. Valeur ajoutée forte.

- En regardant i-télé, seule chaîne française qui avait "cassé son antenne" pour exclusivement parler de MJ, tout en surfant sur les différents sites américains, on se rendait compte qu'ils ne savaient rien ! Les journalistes français se contentaient en effet de dire ce qu'ils trouvaient ça et là, sans être capable de faire leur boulot de journaliste (vérifier des infos, recouper, tout ça, tout ça). Et pourtant, i-télé a une correspondante sur place, mais la pauvre Laurence Haïm ne pouvait sortir aucune info fraîche. Il y avait même un côté pathétique à la voir traduire en temps réel des brêves qu'on venait de lire sur le Net. Valeur ajoutée très faible.

- A la limite, c'est normal. Laurence Haïm est toute seule sur place ! En fait, le plus dur c'était de regarder CNN. Malgré des moyens colossaux, ils ne savaient pas grand chose de plus, car très en retard sur l'info... Valeur ajoutée faible.

- C'est le pure player TMZ qui a donné l'info de la mort de MJ en premier. Le billet historique se trouve ici. Une grosse claque pour tous les autres médias. TMZ est spécialisé dans l'info people et avait une réputation que je qualifierai de moyenne. En une journée, il est devenu incontournable ! Pendant plus d'une heure, CNN, Time, le LA Times etc. se contentaient de dire "selon TMZ.com, Michael Jackson est mort", sans pouvoir sourcer eux-mêmes l'info. Valeur ajoutée très forte.

Conclusions :

Ce n'est pas un scoop, mais une confirmation, les médias traditionnels sont en retard par rapport aux nouveaux modes de consommation de l'information. Et sont également en retard par rapport aux ultras-spécialistes, dont les journalistes passent 100% de leur temps à se forger un carnet d'adresse sur un type de sujet.

Dans la droite ligne du billet de Cédric l'autre jour, j'ajouterai que les réseaux sociaux sont d'excellents points de départ de l'info. D'ailleurs, il suffit de voir les profils des responsables éditoriaux de sites : ils ont tous utilisé Facebook pour promouvoir leurs scoops (je suis "copain" avec les responsables de neteco, scoop people, staragora et purepeople). Vous imaginez Etienne Mougeotte décrocher son téléphone pour vous prévenir de l'accident de la navette Challenger en 1986 ? C'est ce qui se passe aujourd'hui !

D'ailleurs CNN a dépassé la barre des 2 millions de followers sur son profil breaking news, le lendemain de la mort de Michael Jackson.

En revanche, si Facebook ou Twitter peuvent être d'excellents moyens d'apprendre une information, ils ne suffisent pas à s'informer (vous voyez la nuance ?). En 140 caractères on ne raconte pas une histoire détaillée.

Et pour finir sur une presque contradiction : j'avais un séminaire le lendemain à 8h à Paris (oui, oui, un samedi). Environ les 3/4 des participants avaient appris l'info à la radio le matin. La nouvelle était tombée tard pour l'apprendre le soir, et les journaux (à l'exception du Parisien) avaient déjà bouclé. La bonne vieille TSF est donc toujours utile !

En revanche, l'autre quart avait appris l'événement via Facebook ou l'actu sur mobile !


Sites d'infos : passer de CMS linéaires aux plateformes "social media"

 5 Comments - Add comment Written 2 days ago by cedric

Avez-vous remarqué que l'intégration de cartes, graphiques, sondages, etc, se multiplient sur les sites d'informations ?
Or, au fur et à mesure que les mashups apparaissent, il semble que les outils de publication ne soient plus adaptés.

Articles, vidéos, photos, sons, liens, ressources externes et contenu utilisateur... la multiplication de ce qui fait le contenu doit pousser les médias (pure player ou non) à repenser leurs outils de publication.

Les outils actuels sont pertinents pour qui publie de l'info à la chaine, sans se poser la question du format.
Jusqu'ici ils devaient répondre à trois problématiques majeures :

1- tout doit être classé dans une base de données, réexploitable à l'envie

2- la plupart des sites d'infos dépensent une somme folle (en temps / forçat) dans la récolte d'informations, assez peu dans les dossiers de fond. Du coup ce qui importe est la simplicité de l'outil de publication, étape ultime d'un processus qui est encore considéré comme technique.

3- assurer une cohérence dans les templates utilisées, histoire que l'internaute s'y retrouve sur le site.

 

Vers des plateformes de publication faciles et sociales

Ces trois contraintes me semble caduques.


La première, parce que désormais tout contenu est indexé. L'indexation permet un classement plus puissant en permettant des croisements avec divers critères : provenance, popularité, fraicheur de l'info...
L'arrivée des tags, préhistoire de la sémantique, permet de proposer des thématiques de classement.

La seconde, parce qu'exclusivités et breaking news ne sont que la part émergée de l'iceberg. La vraie richesse des sites d'infos va être de se placer un niveau au-dessus, en couplant contenu propre et sélection de ce qui se fait de mieux ailleurs.

La troisième, parce que les internautes sont devenus plus aguerris. Une template, unique et répétitive, montre vite ses limites d'intégration de contenus. Du coup le lecteur risque de partir déçu par la mise en scène de l'information.
Pour autant il ne faut pas oublier de placer des repères sur la page. Evitons simplement que le logo soit la première information vue et que la moitié supérieur de la page soit squattée par logo + pubs + menus...

Du coup, quelles devraient être les qualités d'un CMS moderne ?

- permettre la création de page à la volée, sans template prédéfinie
- que la simplicité ne se limite pas à l'entrée de textes mais à la construction de la page en tant que telle
- donner la possibilité d'engager la conversation avec les lecteurs...
- ... voir leur donner la main sur certaines parties.


=== Tiens, on dirait webjam (ceci n'est pas un billet sponsorisé ;o) ===

Ce billet n'est pas sponsorisé, ni offert, ni quoi que ce soit. Pourtant ce constat fait écho à ce que l'équipe de webjam met en place depuis trois ans. L'outil, bien loin d'un facebook like, est devenu une vraie plate-forme de publication *extrêmement* facile à utiliser (screencast) - c'est peut être même un peu déroutant...

Certes, webjam n'est pas open-source et vous ne pouvez pas le mettre sur vos propres serveurs. Mais ces deux contraintes - car oui, cela peut être des contraintes - sont aussi une qualité pour qui veut aller vite. Notez d'ailleurs que webjam a intégré le mouvement Open Social. Vous pouvez donc y ajouter tout module qui vous semble pertinent.

Surtout webjam est un vrai CMS "social media" :
- les composants d'une page sont facilement paramétrables pour accueillir les contributions éventuelles.
- les modules communautaires de base (blog, forums, sondages, wall, etc) sont natifs
- il y a une notion de friends, comme sur facebook, qui permet de suivre les participations des uns et des autres

(A votre dispo - skype : cedricmotte - pour parler de webjam)

=== Fin de la pub ===


Quoiqu'il en soit, webjam mis à part, partagez-vous ce constat sur les types de contenu et, du coup, sur la nécessité d'avoir des outils de publication adaptés ?


Générations plomb, digitales et exclusives

 5 Comments - Add comment Written 7 days ago by cedric

Amusante constation dans le TGV Aix - Paris de ce mercredi. Constatation on ne peut plus subjective, mais tout de même symptomatique d'une façon de passer ce moment hors du temps que sont les voyages en train.

Un homme, 62 ans, lit trois journaux.
Un homme, 34 ans, bosse sur son ordinateur.
Un homme, 17 ans, mate un film sur un Archos.

J'ai commencé par me dire que c'était marrant, puis me suis rendu compte qu'il n'y avait qu'un actif sur trois dans ce train. Ah, quelle était belle ma jeunesse ! Et vivement la retraite !

Blague à part, il est probable que le monsieur revienne d'un rendez-vous tout à fait respectable et que le jeune homme passe toutes ses vacances à ramener de l'argent pour se payer ses merveilles technos.

Ne pourrait-on pas y voir une fois encore le signe d'une transition ? La nouvelle génération est capable de dépenser de l'argent pour le support, là où l'ancienne dépense de l'argent pour le contenu. Quant à celle du milieu, elle picore deçi delà.

C'est par l'objet que passe les informations, et le "jeune" consomme les informations qu'on est capable de lui proposer dessus. Informations - et divertissements - à un coût forcément dérisoire, son budget étant cramé dans l'achat de l'objet.

Nous en parlions hier soir avec @cyceron (chez lui, devant un verre de vin) : nous partageons cette idée que c'est par l'objet que la presse continuera (ou recommencera) à séduire son lectorat. La question reste donc entière : quelle plus-value pour le journal en tant qu'objet (à part emballer le poisson...) ?


ReTweet on twitter : how one person can inform the (twitter) world

 3 Comments - Add comment Written on 19-Jun-2009 by cedric

Un petit essai de présentation in english à propos de la notion de ReTweet et de circulation de l'information.

Vos commentaires sont les bienvenus, ci-dessous ou sur slideshare.

 

 


Le media campus "blog et journalisme" à l'AFP : c'était du "chair et en os" blogging !

 4 Comments - Add comment Written on 12-Jun-2009 by cedric

Hier après-midi a donc eu lieu la conférence / discussion / autour du blog et du journaliste. Calés au 7ème étage de l'AFP, une trentaine de participants étaient présents. Dans ce genre de rassemblement, il est difficile de satisfaire tout le monde. Aussi, je ne peux que comprendre les quelques uns qui, au bout d'une heure, n'ont pas trouvé ce qu'ils étaient venus chercher (reste à savoir ce qu'ils étaient venus chercher, d'ailleurs.)

Peut être que mon introduction au blog (dont les slides sont dispo ci-dessous), inévitable pour les néophytes, a gonflé ceux qui pratiquaient déjà. Ceci dit, l'après-midi s'est bien déroulée, avec les interventions dans l'ordre d'apparition de Claire Ané et Aline Leclerc, Sophie Gohier et Guillaume du Gardier.

 

 

Le format était très ouvert, l'idée étant de lancer la discussion entre nous puis, très vite, de faire participer les participants.

Faire en "chair et en os" ce que fait un blogueur en ligne.

  1. Choisir un sujet, le travailler, et le proposer à son audience
  2. Faire du co-blogging en invitant des personnes qualifiées
  3. La plupart des commentateurs interviennent pour enrichir la discussion
  4. Et, inévitablement, d'autres viennent troller le débat soit via des commentaires qui dure une plombe, soit via des commentaires qui n'ont rien à voir avec la choucroute.

Alors, autant sur un blog je vois à peu près comment on maitrise et dirige les débats, autant en direct je reconnais que c'est autrement plus balèze. Pas moyen de blacklister un participant, sauf à lui fermer la porte après le café du milieu d'après-midi.

 

Blague à part, qu'en est-il ressorti ? Attention, roulement de tambour... 

Que ceux qui ne pratiquent pas le blog ne mesurent pas la puissance de l'outil. Evidemment on ne peut pas pousser tout le monde à gérer un blog, pourtant je me dis qu'un journaliste qui s'interroge sur son métier doit le faire. Pour comprendre que l'accès à l'information, les communautés, les médias sociaux, ce n'est pas une blague (justement).

 [Attention, par blog nous entendons "agir comme un blogueur", c'est à dire s'intégrer dans une blogosphère, utiliser les outils sociaux qui prolongent le blog (twitter, etc)].





 

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Vous voilà sur le blog professionnel de Cédric Motte, expert en stratégie éditoriale auprès des sites médias. Vous y trouverez des réflexions sur l'impact des nouveaux usages d'internet auprès de notre façon de consommer l'information. L'idée de fond est de déceler les opportunités et les risques pour les producteurs de contenu.

Je conseille les sites médias (20minutes.fr, motorlegend.com), conçoit de nouveaux produits (webjam.com), donne des formations auprès de journalistes via le CPJ (Groupe CFPJ), des conférences et formations via l'ifra et blogue à titre professionnel (Skype) ou personnel (Sausset, Sector 9).

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