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Vaste question du jour : vers quelle société allons-nous ?

 14 Comments- Add comment Written on 02-Jan-2008 by cedric
Cette note est inspirée du documentaire "Steal this film" (player en bas de billet), repéré via l'excellent blog W3F de Nicolas Cynober. Elle est rédigée d'une seule traite, merci de rester indulgent sur sa forme. Quant à son contenu, je suis largement disposé à en discuter.

Naspter, Kazaa, bittorrent, l'envoi de gros fichiers, les vidéos en ligne, les flux RSS, le copier-coller... La propriété du contenu n'existe plus. Pour toujours : il n'y a strictement aucun moyen de faire marche arrière. Ne serait-ce que par nos échagnes d'emails nous passons notre temps à nous refiler de l'information ou des biens culturels, copyrightés ou non, car ce n'est pas notre problème à nous, utilisateurs finaux.


En septembre 2006 j'avais rédigé deux billets intitulés "Le web 2.0, c'est le peer-to-peer de l'information"  et "La fin de la propriété du contenu". Le contenu c'est l'information, la musique, les films et tout autre bien intellectuel, tel un design, voir même le code d'un site web : plus rien n'appartient à personne.

Je m'aperçois depuis quelques temps que certains sujets que je publie sont repris ailleurs, intégralement ou non. Dans un premier temps, je me demande toujours pourquoi ces rédacteurs - journalistes ou blogueurs - ne citent pas leur source.

Aujourd'hui j'ai *définitivement* compris que tout n'était qu'affaire de marketing. Le fait que le contenu n'appartienne à plus personne le rend certes "ouvertement réplicable" mais, surtout, ce sont les plus malins (malsains ?) "marketinguement" parlant qui en tirent profit.

Par définition, internet est un réseau décentralisé dont l'objectif premier est de permettre la réception, la copie, la transformation et l'échange de fichiers. Dans un premier temps il s'agissait de textes, mais depuis plusieurs années tous les médias y passent.

Cela implique qu'avec les moyens actuels, accepter de sortir un film au cinéma auprès d'un public que l'on ne contrôle pas le rend automatiquement "copiable et republiable" n'importe où dans le monde. On pourrait croire que c'est un bon point pour "la masse", ceux qui n'ont pas accès à des biens culturels de qualité par éloignement géographique ou manque de moyens financiers. Sur youtube on trouve des cours de Harvard, sur bittorrent des films sortis hier au cinéma et sur pirate bay des musiques dont le CD n'est pas encore sorti.

Cela pose deux problèmes fondamentaux :
. qu'est-ce que la culture ?
. ne va-ton pas vers une plus grande fracture entre ceux qui savent et ceux qui n'ont pas accès au savoir ?


Sur le premier problème, la notion de ce qu'est la culture est essentielle. Jusqu'ici, la culture était un ensemble d'oeuvres dont l'establishment autorisait l'existence, voir la mettait en avant. Elle avait inévitablement une notion de propagande mais elle avait aussi un rôle de reconnaissance sociale. Nous étions tous plus ou moins exposés aux mêmes productions culturelles et disposions alors de références communes. Certes ces choix étaient parfois discutables, mais qualitativement ils semblaient tirer vers le haut notre connaissance.

Si chacun se met à produire ses propres biens culturels, et à les diffuser de façon efficace, quel sera alors notre socle culturel commun ? La langue ? Disparue, tant les formes sont mouvantes. Les icônes ? Elles s'enchainent les unes après les autres mais surtout, les seules à rester ne sont pas des hommes de culture mais des hommes de marketing : Steve Jobs, Nicolas Sarkozy, etc. Ils ne défendent pas des idées politiques mais essaient de couvrir les besoins de leurs ouailles, qu'il s'agisse de salariés ou de citoyens.



Sur le second, nous allons sans doute arriver à une réduction du partage des idées. Nous allons avoir ceux qui savent produire des biens culturels de qualité et qui demanderont à leurs fans de souscrire. C'est le choix des futurs sites web dits d'information, tels @rrêt sur images ou mediapart. Ils se veulent les chantres de l'information de qualité mais surtout sans la mettre à disposition de  la masse. Ils sont les premiers à limiter la diffusion de leur savoir à ceux qui ont les moyens de payer. Economiquement ils tentent un défi (celui de la souscription pour de l'info sur le net) ; historiquement, ils pourraient rentrer dans la catégorie des joyeux drilles obscurantistes (bon, c'est un peu fort mais explicite). D'ailleurs ils pourraient se poser la question suivante : comment pourront-ils contrôler la non duplication du contenu ? En admettant que cela intéresse quelqu'un, je peux tout à fait utiliser les réseaux P2P pour diffuser leurs articles...
Dans un autre domaine, pourquoi ne pas imaginer que les seuls concerts agréables seront les "private showcase", dont l'accès sera limité à quelques milliers de personnes payants des centaines d'euros et laissant tout appareil avec optique aux vestiaires ?

Pour le moment on se réjouit de cette liberté du copier-coller, mais je redoute un retour aux années sombres où quelques uns possèdent l'information importante et les autres mangent de la merde, informationnelle ou culturelle. Vous en pensez quoi ?

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    Web 2.0 : le bureau de demain ?

     0 Comments- Add comment Written on 16-Feb-2007 by cedric
    Lors de la montée en puissance du net il y a... dix ans, beaucoup de discussions tournaient autour du bureau virtuel, à savoir la possibilité de n'avoir ni disque dur ni logiciel installé en local.
    Les premières applications développées autour du net demandaient déjà beaucoup à la pauvre bande passante 56k de l'époque. Impossible donc d'imaginer un service ultra consommateur avec des appels serveurs permanents.
    Il se trouvent que l'ADSL, les requêtes SQL, les applis moins gourmandes en ressources réseau et processeur permettent d'imaginer une encore plus profonde virtualité que celle qui consiste, déjà, à regarder ses comptes sur le net.

    De nombreux nouveaux services dits d'organisation, ou de productivité, apparaissent tels 30boxes, tous les produits 37 signals (Base camp, campfire, backpack, writeboard, ta-da list...) ou encore writely. Avec eux nous aboutissons à une dématérialisation totale de l'outil de production (pour certains métiers...). Voici l'une des voies les plus prometteuses du web 2.0.
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