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Blog » If enquête de journaliste = enquête de police > besoin d'équipes pluridisciplinaires
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Back to Blog Stratégie éditoriale Written on 30-Jun-2010 by cedricL'autre jour, Xavier de la Porte a publié Peut-on être journaliste d'investigation sans être hacker ?
La semaine dernière, en zappant, nous sommes tombés sur la série NCIS.
L'autre soir, en lavant les biberons, association d'idées. Mais bien sûr !
Dans les séries télévisées, les policiers / enquêteurs se sont largement modernisés ces dernières années. D'un Colombo au regard douteux (mais efficace), nous sommes passés à des "team" mélangeant joyeusement flic de la vieille école, bleu-bite aux méthodes musclées, demoiselle à la poitrine aussi développée que le cerveau et geek à lunettes ou à bouton (ou en version demoiselle : grosse à lunettes avec bouton - cf Bones).
Les ruses des méchants étant de plus en plus fourbes, les enquêtes compliquées sont résolues grâce à la complémentarité des compétences.
Ca vous fait marrer, mais dans la vraie vie, la gendarmerie recrute des enquêteurs au profil technique.
Quid des journalistes ? N'est-on pas resté au temps de Colombo ?
Quel sera le premier média classique (owni le fait déjà...) qui intégrera, enfin !, des développeurs, hackers, statisticiens, graphistes et autres compétences diverses au coeur de la rédaction, et non comme une fonction support vue de haut ?
Plutôt que d'aller vers des journalistes faisant un peu de tout, ne faut-il pas mieux puiser l'excellence dans chaque compétence ?
Evidemment, vous allez dire qu'une enquête de journaliste n'a rien à voir avec une enquête de police. Le but est évidemment différent, mais pour qui se positionne sur le crédo "je cherche la vérité, toute la vérité", ne pas utiliser l'éventail des compétences disponibles dans le cadre d'une enquête parait être une erreur.
written on 02-Jul-2010
jean [http://papierbrouillon.posterous.com/] says:
Bonjour Cédric
Sur le fond, je suis d'accord (nécessité d'un partage des compétences et horizontal).
Mais plusieurs réserves à ton papier.
1. Ton idée est séduisante. Mais les médias, même connus, ont déjà du mal à dépêcher un journaliste sur une enquête pendant plusieurs jours. Alors, une "team", je n'en parle même pas.
2. Tu cites Owni. Aussi sympatique que soit leur projet, je n'ai rien vu, concrètement, au delà des déclarations d'intention (le site est très fort dans sa communication) qui montre un traitement de l'info vraiment innovant. Le site fonctionne aujourd'hui de manière assez classique (agrégation + production d'articles). Les projets de datajournalism, notamment celui sur les caméras de surveillance qui pouvaient être très intéressants, n'ont débouché sur rien de vraiment pertinent (faute de ressources humaines, je veux bien le concevoir) : aucun scoop, aucune analyse de fond, aucune exploitation des données recueillies (ce n'est pas un reproche, c'est un média jeune, tout à fait normal).
3. J'ai parfois l'impression que dans la réflexion sur l'avenir du jounalisme (web ou pas), il y une sorte de fuite en avant en citant et se référant tout le temps à des projets à très (trop) haute valeur ajoutée (qualitative ou technologique). On va citer Wikileaks comme avenir de l'enquête comme on va citer XXI ou pour l'avenir du reportage. Il y a aussi une sorte de "mode" du journalisme web : un jour l'avenir est au "journalisme visuel",le lendemain au "datajournalism"..
C'est certes très glamour de parler de journaliste hacker, très chic de dire qu'on fait du gonzo journalism mais ca ne concerne absolument pas la sociologie des journalistes aujourd'hui. En France, l'investigation doit être le quotidien d'une cinquantaine de journalistes et à mon avis, un très faible pourcentage des journalistes en France sont capables d'écrire des reportages de la qualité de ceux publiés par XXI.
Personnellement, je pense que l'avenir sur le web est aux projets éditoriaux plus simples, plus modestes, mais réalisables (et oui, pourquoi pas avec les compétences d'un graphiste, d'un statisticien... ).
Désolé de ne pas être très clair.
written on 14-Jul-2010
Haberbusch [http://www.monjournalisme.fr] says:
Je suis assez d'accord avec Jean. Et j'irai plus loin : comment imaginer faire travailler un hacker sur un projet journalistique quand aujourd'hui une émission comme les Infiltrés est déjà à la limite de la déontologie. Le hacking, que décrit le roman Millénium pour rester dans la comparaison romancée, me semble très discutable et faire sortir le journaliste de son rôle.
En revanche je souscris complètement au besoin de moderniser la pratique du journalisme, en prenant modèle plus que sur les policiers, sur les démarches des scientifiques, de plus en plus pluridisciplinaires et fondées sur des équipements lourds ou mi-lourds. Voir notamment ce billet : http://monjournalisme.fr/2010/02/les-redactio ... tifs/