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Blog » Que faire de tous ces journalistes ?
6 Comments
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Back to Accueil et blog Written on 06-May-2009 by cedricIl y a quelques semaines je vous avais rapidement parlé de discussions avec un annonceur qui réfléchit à diversifier ses achats d'espace. En gros, passer de 100 supports à 10 000, à budget constant.
Hier, Le Groupe TF1 annonce une baisse de 27% du chiffre d'affaire de sa chaine principale, TF1.
Ces constatations sont isolées pour le moment, mais imaginons qu'elles se reproduisent avec d'autres annonceurs et d'autres "gros" médias.
Autant dire : admettons que les rédactions de plusieurs centaines de journalistes disparaissent. Que va-t-on faire de tous ces professionnels ? Dans le textile, la métallurgie, l'informatique on s'en occupe en amont. Le CEREQ, par exemple, est un organisme dépendant du ministère de l'éducation nationale et qui a réalisé diverses études pour savoir quelles sont les tendances de l'emploi dans telle ou telle branche. L'intérêt ? Connaitre les besoins en formations. Dommage qu'il n'y ait pas de rubrique "Medias" ou "Journalisme". On pourrait se baser sur "Publicité", mais ce n'est tout de même pas très représentatif.
Du coup, comme toujours dans notre profession de journaliste totalement mal étudiée, on va supposer des trucs. Et on verra ce que ça donne :)
Essayons d'imaginer l'éclatement de cette population à part, base 100.
- Sur 100 journalistes, donc , disons que 50 partirons en reconversion. L'un boulanger, l'autre masseur, le dernier ouvrira un bar en Thailande. Bref, la moitié de la population quittera totalement l'univers du journalisme, voir de la communication au sens large. De toute façon, cela rejoint la délicieuse phrase que les étudiants entendent à peine entrés dans leur école : "Le journalisme est le plus beau métier du monde, à condition d'en sortir".
- Sur 50, 15 partiront à la retraite. Que plages, petits enfants et grandes occupations animent leur seconde vie.
- Sur 35, on peut en compter 5 qui ont peur du changement. Ceux là sont perdus. C'est comme ça, c'est la vie.
- Sur 30, 15 vont bosser en indépendant. Un coup je rédige un papier pour un canard, le lendemain je blogue un peu, ensuite je publie les communiqués de presse que me demande de mettre en ligne le Conseil régional... Bref, ils survivent avec plus ou moins de bonheur.
- Sur les 15 qui restent, il y en a 1 qui devient directeur, 2 autres rédacteurs en chef adjoint.
- Nous voilà donc avec 12 journalistes sur le terrain. Il va falloir en trouver des bonnes âmes pour produire du contenu de qualité. Et à pas cher... (notez un avantage à l'affaire : avec des rédac de 15 gonzes, on a des équipes de foot toutes faites).
Blague à part, pensez-vous que les grosses rédactions sont amenées à disparaitre ? A s'éclater en autant de supports indépendants ? Comme dans la presse mag finalement ?
written on 07-May-2009
bernard says:
ce n'est pas une blague, vous pensez ce qui est écrit.
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les employeurs pensent : "un journaliste ne produit même pas d'idées. il n'est pas militant. il n'est pas polyvalent. il est tranquille devant son pc et passe son temps à bouffer au resto et se fait payer des voyages, bref, il ne sert à rien"
sur les 5 qui ont peur du changement j'en mets plutôt 20. et ils sont finis. Ils ont tous peur de perdre leur job.
plus 35 qui vont tenter de rester dans le marché du papier pour son égo, sa réputation et son aveuglement à ne pas évoluer professionnellement ou repartir en locale"
et si on fermait des écoles privées de journalisme. usines à la non-productivité...
ce serait bien si des journalistes devenaient boulangers, producteurs, appliquaient leurs bons sentiments de la vie
written on 08-May-2009
Jean [http://www.espritblog.com] says:
Intéressant exercice de futurologie, qui me semble assez juste... Dans ton tableau, j'augmenterai simplement la part des indépendants...
Sur la dernière partie de ta note. Je souscris à 100 %. Il me semble que l'avenir vas passer justement, comme tu le précises, par des micro-médias. Je n'irais pas jusqu'à dire : un média = un journaliste. Mais des petites structures pérennes de 5 à 15 personnes. Des médias spécialisés - ou non (XXI est un bon exemple de micro-média), en ligne ou non,...
Enfin, tu parlais du CEREQ... Nous, journalistes, avons un superbe organismes dédié à notre reclassement, le Centre National De Reclassement Des Journalistes. Tr-s web 2.0 : les annonces sont diffusés par... répondeur téléphonique !
written on 08-May-2009
cedric says:
@bernard : on pense toujours un peu ce que l'on écrit... La fantaisie des chiffres et des activités futures est pour illustrer cette idée d'un avenir sans "grosse" rédaction, comme le souligne @Jean.
Vous avez raison sur les écoles : il est certain que trop d'écoles de journalisme se sont lancées, générant un effet de surbooking. Un viel article de 2005 répond bien à cette fameuse question : "Que deviennent les étudiants en école de journalisme ?".
written on 08-May-2009
martine s [http://marsupilamima.blogspot.com] says:
Je fais partie de ceux qui sont en retraite mais touchant un peu plus de 50% de mon ancien salaire, je crains ou je me réjouis de devoir rejoindre les rangs de ceux qui font autre chose
written on 09-May-2009
cedric says:
Bonjour Martine,
merci pour votre venue et votre commentaire ici. J'avoue, je suis allé sur votre blog, puis en cherchant je suis tombé sur votre profil viadeo. Vous semblez relativement désabusé par le métier, ou le secteur, je ne sais pas trop. Journaliste culture au Monde pendant de nombreuses années, d'où vous vient ce regard ? Vous trouvez que la profession ne se renouvelle pas assez ?
written on 11-May-2009
fourminus says:
Prospective stimulante. Quelques réflexions complémentaires :
_ Jusqu'à présent dans l'histoire, les nouveaux medias n'ont pas tués les anciens. Ils se sont ajoutés à eux : la radio n'a pas tuée le papier, la fm n'a pas tué les périphériques, la télé n'a pas tuée la radio etc. L'histoire va t'elle changer de direction ? Pas sur...
_ La pub est un des financement de l'information mais pas le seul. Peut on penser que si ce financement se rétracte l'information disparaitra ? C'est faire peu de cas du rôle de l'information dans la cohésion sociale.
_ La pub va t'elle disparaitre ? L'audience de la télé baisse, et la pub d'affichage dans les sites internet ne fonctionne pas. Pourtant, des sociétés proposent une autre approche : profiler les utilisateurs et leur proposer des achats personnalisés. On passe de la pub de masse à du marketing direct. Le site qui offre des infos pertinentes pour le profilage est alors assis sur une mine d'or. Je rejoins donc votre analyse sur une évolution type "presse mag" : elle sera très performante dans le profilage (ex : mag déco, bagnoles, Hi tech, etc).
_ Enfin, je vois une opportunité pour le grand reportage documentaire. Les medias de flux ne permettaient pas de le développer : à quelle heure programmer un reportage de 52' sur la guerre au Congo ? (la question pour le programmateur est : le plus petit commun dénominateur des téléspectateurs présents à cette heure devant l'écran est il "la guerre au Congo" ?)
Mais si se reportage est accessible "sur rayonnage" via le net, la question devient : combien d'internautes sont intéressés par cette histoire dramatique ? Le financement viendra des téléspectateurs, put être en pay per view, peut être en licence globale...
Finalement ce qui doit évoluer, c'est certainement la trop grande redondance de la presse : trop d'articles disent exactement la même chose.
Par exemple : la notion "d'actualité" (je traite en priorité ce qui est le plus nouveau) s'épuise. Mais n'oublions pas qu'elle ne date que des années 60. Elle répondait à un besoin de la presse de s'autonomiser de l'agenda du gouvernement. (Avant l'actu c'était l'agenda du gouvernement). Soyons positifs : imaginons que le sens de l'évolution sera de s'autonomiser de l'agenda des "puissants" (états, majors...) qui savent "créer" l'actualité.
Voilà, prospective pour prospective... L'avenir y reconnaitra les siens !