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 Blog » Du "journalisme de liens" à la "qualification de liens"

 1 Comment- Add comment | Back to Blog Stratégie éditoriale Written on 03-May-2009 by cedric

Philippe sur samsa a publié un court billet sur la notion de journalisme de liens. S'en suit une belle discussion dont les arguments me font réagir.
Car cette pratique de "journalisme de liens" et sa dénomination ne colle pas (je trouve) avec la réalité de ce qui déclenche - ou non - nos clics sur un lien. Voici donc ma réponse laissé en commentaire chez Philippe. Je dévie un peu du sujet central, du coup je laisse les commentaires ouverts ici, mais vous pouvez tout à fait reprendre la discussion chez Philippe.

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Yop, j'arrive un peu tard mais bon :)

Je déplace une chouille le sujet : dans la mesure où tout le monde peut publier un lien, ce qui importe ce n'est pas tant le lien en lui-même que la qualité de celui qui l'a publié.

Prenons le cas tout bête de la grippe A.

Je suis un blogueur lambda qui écrit :  "ce site grippea.fr est top"
Je suis un journaliste lambda qui écrit : "ce site grippea.com est top"

La plupart des lecteurs auront tendance à croire que le lien du journaliste est plus pertinent que celui du blogueur. C'est l'inévitable filtre de lecture qui repose sur la notion de "qui est cette source ?". Or, dans un monde à peu près cohérent, le journaliste est sensé apporter cette vérification.


Mais...

Je suis un blogueur reconnu sur les sujets de médecine : "ce site grippea.fr est top"
Je suis un journaliste lambda qui écrit : "ce site grippea.com est top"

Pour le coup, ce n'est plus le métier qui qualifie le lien mais l'influence (influenza ? ahahah) et la reconnaissance des pairs. La différence, fondamentale, est là.


Ceci dit...

Je suis un blogueur reconnu sur les sujets de médecine : "ce site grippea.fr est top"
Je suis un journaliste reconnu sur les sujets de médecine  : "ce site grippea.com est top"

Egalité, balle au centre, ou pas ? Pour moi, oui.


Mais là où cela devient plus compliqué pour les journalistes, c'est dans le cas suivant

Je suis un blogueur reconnu sur les sujets de médecine : "ce site grippea.fr est top"
Je suis un journaliste reconnu sur les sujets de médecine qui écrit : "ce site grippea.com est top"
Je suis le ministère de la santé qui écrit : "ce site grippa.org est top".

Qui croire dans ce cas ? Qui va être capable de faire le travail de vérification entre le blogueur, le journaliste et le ministère ? Chaque internaute ? Que nenni, il n'a pas le temps.

Et c'est là où l'on retombe sur la notion de recommandation... notamment via les réseaux sociaux. Si je connais dans mon entourage des personnes capables de valider l'information, personnes qui ne sont pas nécessairement journalistes mais dont l'expertise me permet d'assurer sa "qualification à valider", alors je le croirais plutôt lui.

Du coup, je suis carrément pour renommer l'expression "journalisme de liens" qui ne s'applique qu'à ceux qui sont journalistes, comme s'ils étaient les seuls qualifiés à proposer des liens pertinents.
Je propose plutôt : "Linking Influenza" pour le jeu de mot foireux avec le français "influence"...

Non, blague à part, parlons plutôt de "qualification de liens", non ? Mais cela implique que chacun se crée son propre réseau. N'est-ce pas ce qui est en train de se passer ?

Si on pousse la logique plus loin, certaines personnes qualifiées émergeront grâce à la richesse et la pertinence de leurs propositions. Eux, alors, représenteront la nouvelle génération de journalistes. Car, faut-il le rappeler, les journalistes qui ont créé leur journaux étaient tous des "influenceurs" dans leur milieu. On ne crée pas un journal parce qu'on connait la technique, mais parce qu'on connait un sujet, et que l'on est reconnu par nos pairs. Et voilà pourquoi les journalistes doivent ouvrir des blogs, ou au moins proposer une approche verticale de leur travail.

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Comments

  • written on 03-May-2009

    Yves Simon [http://www.social-computing.com] says:

    Bonjour,
    Les liens hypertextuels sont le ciment du web, ce qui caractérise cet espace documentaire.
    Ces liens sont à la base du calcul de l'algorithme du PageRank utilisé notamment par Google pour organiser des listes de résultats. Autant dire qu'ils sont prépondérant dans l'organisation du web et la qualité perçue des contenus qui y sont proposés aux utilisateurs finaux.
    Comme le web est un environnement ouvert et libre, tout un chacun peut y ajouter son grain de sel, écrire son article, poster son twit et créer son lien vers X ou Y contenu qu'il aura défini comme pertinent, pour lui, à un instant T, peut être, sans réfléchir à l'impact exact de son geste. D'autres y développent sciemment des stratégies d'optimisation de référencement afin de drainer du trafic vers des sites plus ou moins pertinents, dont l'objet commercial prête à penser que le référencement n'est pas objectif, ce qui est hélas trop souvent le cas. Sur le web chacun peut contribuer à organiser, à son niveau de connaissances et dans l'environnement qui lui convient (par ex. wikipedia), des contenus en les liant les uns aux autres ... ce qui pourrait être considéré, à l'instar d'autres actions de type lire, bookmarquer, tagger, commenter, comme un engagement faible vis à vis de l'information, mais un engagement suffisant pour qualifier l'information comme intéressant certaines personnes, logiquement proches de la communauté dans laquelle je suis donc considérable comme experts/influenceurs.
    Et c'est bien là que l'on rejoint le journalisme ... Les écrits d'une personne traitant de sujets qu'elle ne maitrise pas seront attaqués, relevés et la personne ne sera plus considérée comme pertinente. De la même façon, les liens d'un personne traitant de sujets qu'elle maitrise seront lus, suivis et recommandés (en place des liens directs vers l'information elle-même). Aussi l'avis, le prisme à travers lequel cette personne distribue l'information devient plus pertinent que l'information brute elle-même. C'est, à mon sens, la définition d'un journalisme de talent, qu'il s'exprime dans le cadre d'une ligne éditoriale stricte, sur son blog personnel, sur des sites de journalisme citoyen (pour moi, un journaliste est un citoyen averti) etc ...

    La pertinence d'un lien relèverait donc de sa popularité dans une communauté d'experts qualifiés (experts issus de différents organes : autorités, journalistes, experts indépendants, utilisateurs ...), c'est cette mesure qui serait la plus adéquate. Savons nous la mesurer automatiquement aujourd'hui ?

    Bon dimanche

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