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Blog » Journaliste vs blogueur : la différence réside dans l'obligation (ou non) de produire
10 Comments- Add comment |
Back to Blog Stratégie éditoriale Written on 09-Jan-2009 by cedricPartant du principe que le support importe peu et que la qualité rédactionnelle n'est pas un critère de différenciation entre un journaliste et un blogueur (les deux pouvant écrire très bien... ou très mal), où se situe la différence entre ces deux acteurs de la production de contenu ? Le premier est obligé de produire des articles, il est encore dans une périodicité. Le second est libre de publier des billets quand il en ressent l'intérêt. C'est en tout cas ce qui me parait être la différence fondamentale.
Pourtant beaucoup disent que cette différence est dans le rendu final : un billet de blog a une écriture plus relâchée, plus personnelle, avec une ligne éditoriale parfois éloignée de la thématique principale, etc.
A l'inverse un article de journal est plus rigoureux ; le ton plus institutionnel ; le discours plus formaté.
Il est clair que cela fait des différences pour le lecteur, mais pour autant le message essentiel peut être aussi bien transmis dans un cas comme dans l'autre.
D'autres diront que la différence ne se situe pas là, mais en amont, lors de la réaction face à une information.
Les journalistes se positionnent toujours comme étant les seuls à pouvoir valider une info. Ce qui est intéressant, c'est qu'il énonce ce principe comme une règle déontologique, alors qu'in fine, c'est aussi - voir surtout - par crainte de procès.
Crainte à juste titre, d'ailleurs. Et il est probable que les blogueurs feraient un peu plus gaffe à ce qu'ils écrivent s'ils connaissaient la législation ou la jurisprudence sur leur responsabilité en tant qu'éditeur.
Ceci dit, les blogueurs n'hésitent pas non plus à valider les infos qu'ils trouvent. Contrairement aux a-priori, les plus sérieux d'entre eux n'hésitent pas à contacter les détenteurs d'une info. Alors oui, c'est par Skype, IM, facebook, twitter... Mais peu importe, ils sont aussi dans cette démarche de validation. Et ils finisssent par proposer les mêmes sujets, avec un traitement finalement assez proche de celui d'un journaliste.
D'ailleurs Eric, rédac-chef de lexpress.fr, a appréhendé cette même approche de l'info lors de la réalisation du 3001 (cf cette vidéo). Cette faible différence est même l'un de ses étonnements.
Pour moi, cette différence n'est pas essentielle. Non, ce qui les différencie, voir les oppose, ce sont les obligations des uns et la liberté des autres.
Tout part de la nécessité de remplir des pages, des émissions ou des rendez-vous à 13h ou 20h. Les journalistes sont économiquement liés à la périodicité de leur publication. Face à cette obligation de remplir, on se retrouve avec parfois des journaux bien pauvres.
Pour les blogueurs, c'est l'inverse. Même pour ceux qui ont des impératifs économiques. Evidemment, s'ils ne font pas de billets pendant plusieurs semaines, ils perdent des lecteurs, de bonnes places en référencement et du chiffre d'affaire.
Mais n'empêche : ils sont libres de leur rythme de publication.
Quelles sont les conséquences de cette liberté ? Un rapport à l'information totalement décomplexé. Une capacité à décider de la publication d'un sujet pour sa qualité informative, non pour un besoin de remplissage.
Imaginons maintenant une rédaction sans contrainte de remplissage. Pas de planning, juste un flux d'informations, plus ou moins dense. De toute façon, il n'est pas besoin de donner des rendez-vous : les lecteurs s'abonnent à ces flux (ce qui demande un programme national d'éducation ceci dit :)
Une rédaction dont les journalistes sont libres de publier des sujets ou non.
Des journalistes qui peuvent alors prendre le temps de suivre la discussion avec les lecteurs, de pousser les uns, les autres et eux-mêmes dans leurs retranchements ? N'est-ce pas là une vraie voie pour les sites de contenu en ligne ?
Finalement, cela revient à dire que la différence entre le journaliste et le blogueur ne se fait pas sur le "core business" de l'un et de l'autre, mais sur les contraintes. Ce serait ça alors le journalisme : un ensemble de contraintes nées d'impératifs d'organisation pour répondre à une périodicité ? Et pourquoi pas ?
written on 10-Jan-2009
Bastien [http://bastienlabelle.fr/] says:
Mais alors, quand on devient blogueur pro, on a par définition une contrainte. Par exemple si sur TechCrunch y'a pas de billets pendant une semaine y'a pas de traffic, donc pas d'argent, donc un blogueur pro = un journaliste?
written on 10-Jan-2009
Fab [http://cultureweb20.wordpress.com/] says:
Entièrement d'accord, liberté du blogueur, contraintes du journaliste... Par contre, la rédaction sans containte de remplissage dont tu parles me semble utopique. "Une rédaction dont les journalistes sont libres de publier des sujets ou non", je ne vois pas trop... enfin si, ça n'existe pas ! Le journaliste est quand même payé pour faire son métier donc obligé de publier. Sans parler du rapport hiérarchique avec sa direction. Même pour les sites de contenu en ligne, il y aura donc toujours un impératif de rentabilité donc de périodicité.
Ce qui permet le mieux à mon sens d'allier la liberté du blogueur aux contraintes (et donc, d'une certaine façon, au professionnalisme) journalistiques, ce sont finalement les blogs tenus par les journalistes au sein même de leur rédaction.
written on 10-Jan-2009
xtph says:
prenons l'exemple des blogs de Jean Quatremer, Daniel Merchet ou Gilles Klein. Ce sont deux journalistes spécialistes. j'ignore le rythme auquel ils sont astreints, mais j'imagine que la contrainte ne doit pas être différente de celle qu'ils ressentaient lorsqu'ils travaillaient directement dans une rédaction. Ils doivent produire très régulièrement. Mais en tant que lecteur je les lis de façon très différente par rapport aux articles d'un quotidien papier. J'ai un sentiment de proximité bien plus fort qu'avec un journaliste perdu au milieu d'une rédaction. Un journaliste qui blogue donne un peu le sentiment de faire une confidence. (un peu comme la radio ?) pour être précis il m'est arrivé d'écrire un petit commentaire de remerciement chez l'un deux lorsque l'actualité a validé une hypothèse qu'il avait donnée sur son blog quelques mois plus tôt.
c'est peut être une illusion mais la présence de la photo du journaliste qui blogue est aussi un indice intéressant de la personnalisation de l'écriture. Elle donne le sentiment d'avoir à faire à une personne et non à une signature. et cela facilite la confiance.
written on 11-Jan-2009
François [http://internetetopinion.wordpress.com] says:
Je te rejoins sur cette différence qui est fondamentale : car on a effectivement beau dire qu'il y a des différences d'écriture, etc., la blogosphère est très vaste et il est difficile de décrire "les blogueurs" dans leur ensemble. Donc oui, un blogueur est quelqu'un qui publie quand ça le chante.
C'est aussi ce qui fait que je rejoins le commentaire de Bastien : un blogueur qui monétise son audience (au hasard, Presse-Citron) se retrouve avec une contrainte de remplissage. Pour moi cela nuit à la qualité du blog : des sujets qui ne s'imposent pas, des discussions qui ne vont pas au bout... Faut-il alors dire que le blogueur qui monétise son audience devient journaliste (un journaliste indépendant ?).
Après tout pourquoi pas : la définition du journalisme est si vague que je serais personnellement plus à l'aise si on finissait par dire que les journalistes sont ceux qui perçoivent une rémunération et les blogueurs sont des "amateurs" (un amateur pouvant tout à fait exceller dans ce qu'il fait).
Une rédaction dans laquelle les journalistes sont libres de publier ou pas ? Je pense qu'ils publieraient pas mal quand même, car en tant que journalistes salariés, ils sont quand même de 9h à 18h dans les locaux d'une rédaction qui vit pour l'information. Alors que les blogueurs ont généralement un boulot à côté, qui inspire ou pas leur blog, mais du coup pour eux le blog est une récréations.
On gagnerait peut-être en qualité d'écriture (on écrit moins donc mieux) et en qualité de relation avec les lecteurs (les journalistes pourraient passer plus de temps dans l'animation de leur communauté), mais dans ce cas il faudrait démontrer qu'il y a un ROI : comment cela permettrait-il de vendre plus (ou mieux) de pub ?
Dernière chose, comme le dit xpth, l'avantage du blog est la relation personnalisée à son auteur : la connivence que cela crée. Depuis un moment je suis persuadé que les rédactions devraient "starifier" un peu plus leurs journalistes : il faut pouvoir s'identifier à l'auteur de l'article (ce qui suppose que l'article n'aurait pas été écrit de la même façon si ça n'avait pas été ce journaliste-là : c'est donc aussi une promesse de qualité) : à travers la présence de la photo, etc.
Mais cette connivence passe passe aussi par une plus grande implication des journalistes auprès de leurs lecteurs : réponses aux commentaires, etc.
written on 12-Jan-2009
[Enikao] [http://enikao.wordpress.com/2009/01/11/lab-retour-a-ithaque/] says:
Ecrire par contrainte est en effet une des différences majeures, à laquelle je rajouterai le compartimentage : j'écris sur les domaines que je veux, sans contrainte de rubrique particulière contrairement aux journalistes.
J'écris par plaisir, par envie, par indignation, pas pour donner de l'information "parce que c'est de l'actu".
François : honnêtement, je me suis demandé à quoi ça servait, même, d'être présent à la rédaction de 9h00 à 18h00... Les journalistes web pourraient faire tout aussi bien chez eux ou en mobilité, et ne venir que quelques heures à la rédaction par semaine.
written on 12-Jan-2009
thierry [http://www.tendancebleue.com] says:
Allez avoue Cédric que tu voulais faire de la provocation... Je crois que la différence va beaucoup plus loin. C'est avant tout à mon sens une question d'approche et la fréquence ou la question d'obligation n'a rien à voir avec ça. Etre journaliste, c'est une approche, une éthique, une façon d'analyser l'info quelle qu'elle soit, et de traiter le sujet. C'est comprendre, prendre du recul, choisir un axe, donner un point de vue mais toujours, toujours se dire que les mots vont avoir un poids et qu'il faut être humble par rapport à ce poids. Est-ce que ça vaut pour tous les blogs ? Certainement pas. Etre journaliste c'est aussi faire partie d'une rédaction où les infos circulent, où l'on échange des points de vue, ce qui permets de voir quelquefois qu'on a tort ou qu'on fait fausse route. Les rédactions ont parfois des lourdeurs mais elles ont aussi un rôle. Le blog est un outil génial, souple, réactif, et fondamentalement différent d'un média classique et de ses pesanteurs. Mais je crois sincèrement que l'obligation n'a rien à voir là-dedans. Et personnellement, que ce soit en presse ou sur mon blog, j'écris sur le sujet que je veux sans obligation et je dirais même que par moment, je me mets plus de contrainte sur mon blog que dans mon job de journaliste, car un blog est un job énorme si tu veux le faire vivre chaque jour, ce que je fais sur le mien c'est deux dernières années. Non. ce sont deux choses différentes. Et n'oubliez pas une chose fondamentale avant de tirer à vue sur la presse. Qui fait vivre les journalistes aujourd'hui et les photographes. Les blogs ? Sûrement pas. Qui a encore un business model qui lui permet d'envoyer les journalistes sur le terrain pour aller chercher l'info. Les blogs. Non, sans aucun doute. J'adore les blogs qui nous ont permis de dépasser certaines lourdeurs de la presse et des médias traditionnels mais j'ai vu beaucoup de non sens et de nombrilisme dans les blogs. Ce n'est même pas comparable. Prenons l'exemple de la photo : la plupart des blogs traitent du matériel et se perdent en élucubrations interminables des mois avant la sortie du X machin ou du Y truc. Ils se servent d'une info qui n'existe pas. Spéculer sur les millions de pixels ne sert souvent qu'à se donner de l'importance et surjouer la frénésie technique. A la fin, la presse papier sort un test car elle seule très souvent a eu vraiment un modèle de pré-série en main. Et ce n'est qu'un exemple. Et BONNE ANNEE à tous sur le web
written on 13-Jan-2009
narvic [http://novovision.fr] says:
J'ai l'impression qu'il y a un petit truc qui cloche dans ton raisonnement, Cédric. Le blogueur n'aurait que les contraintes qu'il se donne et le journaliste serait défini par les contraintes de production qui pèsent sur lui ?
J'ai l'impression que tu compares la situation de quelqu'un produit hors ligne avec celle de quelqu'un qui produit en ligne. Et pas un journaliste et un blogueur.
Les journalistes papier, radio et télévision ont une contrainte de place : il faut remplir et on ne peut pas aller au delà de la limite du journal (limite en cm2 pour le papier [en mm/colonne, pour les spécialistes ;-)] et limite en secondes pour la radio-télé). Quand il y a trop, il faut sélectionner, quand il n'y a pas assez, il faut remplir avec ce qu'on peut. La seconde contrainte est celle du rendez-vous (tous ces médias fonctionnent sur un rythme précis), qui impose un bouclage : si c'est pas prêt, ça ne passe pas, et des fois c'est pas vraiment prêt mais on fait passer quand même car il y a un trou à boucher (cf. contrainte précédente).
En ligne, ces deux contraintes disparaissent, que l'on soit journaliste ou que l'on soit blogueur : pas de contrainte de place et publication "à la volée", sans rendez-vous.
Mais en ligne, il y a d'autres contraintes, et, à mon avis, ce sont les blogueurs qui les comprennent le mieux pour le moment. Les journalistes manquent encore d'expérience dans la publication en ligne, et la volonté de transposition en ligne du fonctionnement de leurs médias précédents les amènent à faire fausse route.
Les médias en ligne de journalistes fonctionnent pour la plupart d'entre eux sur une sorte de régime de canons à dépêches, de production d'information à jet continu en flux tendu. C'est sûrement bon pour le référencement, mais ça ne ramène qu'un "lectorat Google" déqualifié, infidèle et volage. Ce n'est pas comme ça qu'on "construit" une audience. C'est une fausse route.
Les blogueurs fonctionnent très différemment : ils partagent leur "temps en ligne" entre la production des contenus, la lecture des contenus des autres, l'interaction avec leurs lecteurs (gestion de ses propres commentaires) et interaction avec les autres producteurs (commentaire chez les autres). Et c'est comme ça qu'on construit une audience qualifiée (fidèle, durable...).
Les journalistes en ligne qui veulent construire des audiences qualifiées se mettent d'ailleurs à ces pratiques de blogueurs. Voir Rue89 par exemple : forte présence des journalistes dans les commentaires, et de plus en plus d'entre eux tiennent en parallèle une production "classique" pour le site et un blog dans le site.
On s'achemine de plus en plus vers le modèle que développe Emmanuel Parody pour ZDNet (il en parle chez Jeff Mignon): une rédaction formée essentiellement de blogueurs, et des journalistes "classiques" en nombre très réduit qui assurent un fil d'infos en continu, comme une sorte de veille.
La contrainte qui pèse sur ce néo-journaliste/blogueur n'est plus celle de la production, c'est celle de l'interaction : établir le lien avec son lecteur et le maintenir, et accroître son audience. Ça impose de produire beaucoup et régulièrement, mais plus du tout pour des questions de place ou de bouclage. Et ces contraintes sont finalement les mêmes que celle du blogueur, puisque le journaliste est... devenu blogueur.
La seule différence qui reste, je crois, est celle que signale François : professionnel ou amateur. ;-)
written on 13-Jan-2009
cedric says:
Rhaaaaaaaaaa, plus de 48h pour réussir à répondre sur mon propre blog ! En voilà de la réactivité ! Du coup, vous connaissez l'tarif hein : comptez entre 36 et 72 heures avant une réponse. Après tout, en tant que blogueur, je n'ai pas de contrainte de publication, si ? ^^
Blague à part, bonjour à tous et merci pour vos commentaires.
En réponse à tous, ne pas oublier que beaucoup beaucoup de journalistes sont indépendants ; et certains d'entre eux font le choix de ne traiter que des sujets qui leur tiennent à coeur. Ils le font alors de manière poussée et multimedia : un dossier pour l'express, une vidéo pour Planète, un passage en radio chez RFI... Ce "journalisme choisi", éventuellement gonzo comme le dit Philippe, est très proche du blog.
Bastien et François : un journaliste peut devenir un blogueur. L'inverse est aussi vrai :) Blague à part, quand le blogueur commence à avoir des contraintes, il quitte le monde du blog. Ceci dit, je ne vois pas le rythme de publication comme une obligation. C'est un choix délibéré de l'auteur.
Quant à techcrunch, ils ne cherchent pas à devenir simplement blogueur pro, ils veulent maintenant se faire un max de thunes, et ils y arrivent. D'ailleurs je ne lis techcrunch que lorsque des billets perso sont rédigés, par Michael, Ouriel ou tout autre auteur qui choisit un angle. Je note aussi que ce sont ces billets un peu perso dont on parle par ailleurs.
Fab, pas sûr qu'une rédaction sans contrainte de remplissage soit vraiment utopique. Car comme le remarque François, les journalistes "vivent" pour l'information.
Les blogs tenus au sein d'une rédaction sont une vraie alternative. Cela fait un moment qu'on en parle sur ce blog d'ailleurs :) Mon journal idéal est un conglomérat de sites / blogs verticaux. Ils sont tous indépendants. D'ailleurs les journalistes sont eux aussi indépendants. En fonction du sujet qu'ils traitent, ils s'invitent les uns chez les autres, mais cela s'arrête là. Si, quand même, il y a une équipe qui peut gérer non pas la une, mais le marketing du contenu : quel article doit être rebalancé, sur quels réseaux, à quels moments, avec quels relais, etc. Par contre, pas d'équipe qui gère une Une. Sa gestion est tournante entre les journalistes, histoire que tout le monde pige bien la notion de promotion du contenu
.
En ce moment je suis en plein dans la presse quotidienne régionale, c'est une organisation qui y ressemble sur certains points.
xtph, je te rejoins sur la relation particulière créée entre le journaliste-blogueur et le lecteur. D'ailleurs les médias utilisent depuis longtemps les personnalités du journalisme. Il y a une sorte de mercato des journalistes les plus connus, ceux qui signent les édito dans les quotidiens ou les hebdos.
Ceci dit, petite question : le fait qu'ils répondent très peu aux commentaires n'est-il pas un frein dans la relation que tu entretiens avec eux ?
François, pour le ROI, je pense que les annonceurs sont aussi dans une logique de flux. Un flux d'annonces comme un flux d'informations. Ils ont des besoins très différents en fonction du produits, du style de communication, de la période, etc. Ceci dit, cela ne nous avance pas beaucoup plus, mais cette problématique est bien sûr fondamentale. J'y réfléchis régulièrement (notamment sous la douche le matin ^^)
written on 13-Jan-2009
François [http://internetetopinion.wordpress.com] says:
Narvic : il est très rafraîchissant de te voir pourfendre la logique du SEO qui induit le canon à dépêches. A l'arrivée du défens la logique d'animation de communauté (celle du blogueur) contre la logique de canon à dépêche (celle du SEO). Mais je suis assez tenté par l'affirmation suivante :
- la logique de canon à dépêche est une logique de construction d'audience (même si pas qualifiée)
- la logique d'animation de communauté est une logique de construction d'un public (qualifié mais pas forcément nombreux)
Je crois que c'est exactement la différence entre la quantité et la qualité. Autrement dit, je crains que la logique d'animation de communauté, si elle permet de fidéliser des lecteurs experts qui deviennent des ambassadeurs, ne suffise à construire une audience monétisable.
Dans tous les commentaires que je dépose à propos de cette question qui touche au ROI, je reste sur de l'intuitif : ce sont des choses que l'on devrait pouvoir quantifier à travers des études...
written on 15-Jan-2009
Benjamin says:
Les deux logiques peuvent coexister si les équipes sont là. On y arrivera. Mais nous sommes toujours en construction, y compris parmi les plus gros sites.
Or, lorsque tu fais plusieurs millions de VU avec une majorité de flux, de dépêches mises en ligne dans la seconde et approfondies dans l'heure, avec une marque et une exigence supposée de couverture généraliste, il peut être délicat pour les grands stratèges de passer à une autre logique, de laisser à la concurrence le monopole de l'actu chaude.
À défaut de l'approuver, cela peut se comprendre, surtout en ce moment. Cette audience moins fidèle, qui butine entre une dizaine de gros sites de presse, Le Monde et Le Figaro en tête, s'agrège par Google News, est massive.
C'est cette exigence, pas celle de la longueur et du format, dont on a tous compris depuis bien longtemps qu'elle avait disparue, qui constitue, pour les journaliste web, une contrainte majeure. On n'écrit pas toujours sur ce que l'on aime. Cela fait partie du boulot, internet ou papier, il faut faire avec.
Ensuite, les deux exemples Rue89 et ZDNet, séduisants, ont leurs limites.
L'un est un site qui se construit en opposition et sans attache. Sa réussite, celle d'un autre traitement de l'info, donne à réfléchir, tant mieux pour nous.
L'autre est limité au secteur high-tech, pur web et américain de sucroît. Là-bas, la transformation de cette niche est en passe d'être achevée, sous l'impulsion de sites tels que Gizmodo qui élèvent des rédacteurs en batterie. Emmanuel Parody n'en est qu'au début en France.