// Email : cedric@chouingmedia.com // Skype : cedricmotte // Twitter : @chouing // Mobile : 06 98 34 34 22
Blog » Sites web d'actualité : et s'il n'y avait pas de business model ?
28 Comments
- Add comment |
Back to Accueil et blog Written on 29-Sep-2008 by cedricOffline, les journaux d'information ne sont pas rentables. Pour rappel, aucune édition d'un quotidien national n'est bénéficiaire. La presse est largement soutenue par l'Etat via des subventions ou des réductions d'impôts. Si vous en doutez, consultez les annexes de la thèse de Marc Leiba.
La presse magazine a une activité très inégale, difficile de proposer une vision globale. Ce qui est sûr c'est que la plupart des publications souffrent depuis quelques années d'une perte de leurs éventuels bénéfices due à une chute de chiffre d'affaire (moins d'abonnement et moins de pub), mais aussi en raison d'une augmentation des coûts de fabrication : matières premières (un peu) ; dépenses nécessaires pour obtenir de l'information de qualité (beaucoup).
La presse n'est pas la seule touchée. La France dispose d'un double record étonnant : nous avons le plus grand nombre de chaines "toute info" rapporté à la taille du pays - au moins 5 : LCI, itélé, france24, BFMTV, Euronews - dont aucune n'est rentable (source : un numéro récent de Challenges). La belle affaire !
Quid du online ? L'exemple du Monde interactif avec lemonde.fr
Les coûts de fabrication semblent se réduire en raison d'une baisse des prix d'hébergement et de bande passante. Cependant la technicité des sites web augmente, les hommes qui disposent des compétences de conception, de développement et de maintenance sont devenus plus professionnels. Leurs salaires aussi. Bien malin celui qui pourra dire que fabriquer un site web professionnel coûte moins d'argent qu'il y a 5 ans.
Outre ces considérations sur le coût technique, c'est lorsque l'on se penche sur les revenus face aux coûts globaux que le drame devient criant. Vous vous souvenez sans doute des cris de joie en provenance du Monde interactif, ravi d'être rentable.
Comptablement, c'est vrai. La filiale "Le monde interactif" affiche des comptes dans le vert. Au point que d'éminents journalistes économiques annoncent joyeusement que le monde interactif est une "pépite" qui "sur 15 millions de chiffres d'affaires pourrait gagner jusqu'à 5 millions d'euros."
Cependant, si le chiffre d'affaires est beau, il n'empêche qu'il ne correspond pas à ce que couterait la production d'informations "from scratch", sans le papier qui supporte les véritables coûts. L'équipe du monde.fr compte une soixantaine de personnes dont 35 journalistes. Outre la production de contenus exclusifs, leur métier est de récupérer les articles de la rédaction papier et de les éditer - au sens anglo-saxon du terme - pour les adapter au format web. Ils sont enrichis de galerie photos, vidéos, etc.
Deux choses pervertissent nos chiffres comptables :
. les coûts de fabrication des articles originaux sont entièrement supportés par la rédaction papier : la filiale interactive ne paie rien. Lorsqu'un correspondant réalise un reportage, tous les coûts sont imputés au papier. Logique : le journaliste n'appartient pas à la rédaction web mais à la rédaction papier. Les journalistes web, eux, sortent bien peu des locaux.
. ces articles parfois fort chers à produire sont ensuite gracieusement "donnés" à la filiale. Or qu'est-ce qui drive les abonnements au web ? Sans doute principalement l'accès aux archives de la version papier, même si d'autres services comme la possibilité de commenter les articles, ouvrir un blog ou accéder à des dossiers spéciaux réservés aux abonnés sont aussi des arguments.
En terme de revenus :
_ la régie pub réalise plus de 10 millions d'euros de CA pour environ 3,1 millions de visiteurs uniques (source Nielsen Netratings janvier 08)
_ les abonnements sont particulièrement intéressants à suivre quand on connait la notoriété de la marque. En voici le découpage :
Nombre total d'abonnements au papier : 135 000
Nombre total de comptes sur le web : 90 000, dont :
. 45 000 sont des abonnés papier
. 45 000 sont des abonnés seulement web
Qu'est-ce que cela signifie ?
. 1/3 des abonnés papier seulement ont activé leur compte sur le web alors que c'est compris dans le prix
. la moitié des utilisateurs sur le web ne sont pas abonnés au papier.
. 45 000. Depuis 2002 le nombre d'abonnés à la partie payant du site est en croissance depuis son ouverture. 45 000 est une estimation récente. A raison de 6 euros par mois = 270 000 euros par mois. C'est bien, voir excellent même, pour une rédaction qui n'a pas à supporter de frais autre que celui d'animer le site web. Toute proportion gardée eu égard aux marchés potentiels, nous restons dans les clous du New York Times qui annonce 788 000 abonnés web en 12 ans d'activité.
Dans ce contexte, où l'accès à l'information de qualité coûte de plus en plus cher, notamment parce que les enquêtes demandent toujours plus de moyens, on pourrait voir le journalisme participatif comme une solution (notez le conditionnel...)
En effet les citoyens en tant qu'apporteurs d'informations pourraient-ils éviter des déplacements aux journalistes web ? Des rédactions comme Rue89 ou mediapart sont-elles condamnées à faire du desk pour ne pas engager trop de dépenses dans un accès aux sources ? La logique du journalisme participatif est de faire remonter les sources aux journalistes. La sauce peut-elle prendre ? Cela permet-il de faire du journalisme de "qualité" ?
Evidemment, Le Monde a le droit d'organiser comme bon lui chante ses rédactions et d'être ravi quand une de ses filiales est comptablement au point (ce qui n'est pas si courant...). Mais cela ne doit pas cacher la réalité économique du web : il est impossible de vivre d'un site d'informations de qualité. La faute à qui ? Pas du tout à une audience qui ne serait pas là : les sites d'infos sont parmi les plus visités. Non, la faute, encore et toujours, au prix de la pub. Les sites bénéficiaires sur leur activité éditoriale sont extrêmement rares. Conséquence : beaucoup développent en parallèle des prestations diverses et (a)variées. Certains vendent ainsi du conseil pour la création de site web sous drupal ; d'autres demandent à leurs journalistes de bosser à côté pour ne pas avoir à supporter des salaires insupportables ; etc.
written on 17-Apr-2008
cedric-errero says:
Implacabeule démonstration.
C'est marrant parce que je me disais que je butine désormais Libé en ligne, et seulement en ligne (sauf pendant les vacances, où, le matin, sur une terrasse lambda, c'est café et libé).
Tout y est gratuit, je vais non plus me faire du mal.
Evidemment, si chacun fait comme moi, ben Libé disparaît ...
Evidemment, s'il vienne à demander un abonnement pour la version web, ben non, je me remettrai à acheter un peu plus souvent la version papier et aller voir ailleurs du contenu journalistique ou un blogger qui propose un angle de vue et une discussion en provenance de Libé ... puisqu'il est abonné (ou ... puisque Libé lui a offert l'abonnement, enfin, j'dis ça, j'dis rien, des fois que ce serait un brouillon de piste de début de modèle économique).
Bizarre vases communiquants.
Créativité required, en effet.
Au-delà de capter mon attention (un autre problème), capter ma thune, capter mes coms éclairés.
written on 17-Apr-2008
narvic [http://novovision.fr] says:
Réflexion très intéressante...
Une petite remarque toutefois : les articles de la rédaction du Monde sont-ils réellement "gracieusement "donnés" à la filiale" Le Monde Interactif ?
Je crois me souvenir que Jean-Michel Dumais, ex-président de la Société des rédacteurs du Monde, avait abordé dernièrement cette question dans une interview pour Arrêt sur Image...
Il pointait plusieurs problèmes :
- la "matière" fournie par Le Monde au monde.fr n'était pas, pour lui, payée à son "juste prix". Il ne disait pas que c'était "gracieux"...
- les circuits financiers entre Le Monde et le Le Monde Interactif sont opaques : selon lui, la "part" revenant logiquement "au papier" des abonnements réalisé en ligne ne reviendrait pas réellement vers le papier...
- sa troisième remarque est un peu marginale à ton sujet : la ligne éditoriale du post.fr, édité par le Monde Interactif, ne nuit-elle pas à l'image de marque Le Monde ?
Je dis ça juste pour enrichir le débat ;-) Et il n'en reste pas moins, en effet, que le site du Monde, comme ceux des autres journaux, sont bel et bien "subventionnés" par leur clientèle traditionnelle du papier (et par le contribuable, qui subventionne largement les éditions papiers).
Les cris de victoire du Monde interactif, quand il affiche sa "rentabilité" sont en effet bien illusoires...
written on 18-Apr-2008
dubuc [http://dubucsblog.com] says:
JM Dumay pointait du doigt un certain nombre de points qui en effet incitait à ne pas se réjouir trop vite des annonces quant à l'hyper rentabilité du monde.fr. Mais tout ce qui touche à la maision "Monde" est par essence complexe... Le Monde interatif aurait-il pu connaître le même essor s'il avait été intégré physiquement au quotidien papier? Pas sûr tant pèse la tradition et un fort sentiment d'appartenance au "qotidien de référence"...
cela dit, le succès d'audience du monde.fr démontre qu'une information de qualité, une info de marque va au devant du succès... Plus de 3 millions de VU, 75% de l'audience qui ne lit pas le quotidien papier...
Pour ce qui est du Post.fr, il n'est mentionné nulle part que son éditeur est Le Monde. Il y a un côté expérimental, très complémentaire de la démarche éditoriale du Monde. Je m'explique: d'un côté, un site participatif créé ex nihilo, 95% UGC. 600 000 VU/mois en 6 mois. De l'autre une grande marque de l'info, qui a fait sa révolution numérique, mais qui est peu ouverte à la dimension participaive (seuls les abonnés à la partie payante du site ont le droit/privilège de commenter les articles.
Cris de victoire... Illusoires, peut-être, mais au moins l'audience est là!
written on 18-Apr-2008
cedric says:
@ tous : merci pour vos commentaires et vos arguments. C'est un réel plaisir de discuter avec vous (non non, pas faux derche, juste épaté parfois par la qualité des commentaires !)
Il y a plusieurs points à préciser.
Concernant la maison "Le Monde", c'est effectivement un joyeux b... de filiales avec des participations croisées bien compliquées. Difficile dans ce cas de savoir où imputer les coûts et à qui attribuer les succès.
Cependant, comme le souligne dubuc, le succès d'audience est bien là. Reste qu'il y a une différence fondamentale avec un succès financier qui serait calculé "proprement".
Ce qui est regrettable dans cette affaire, c'est surtout que lemonde.fr ne soit pas rentable malgré ce succès d'audience. Combien un site d'informations générale doit-il avoir de visiteurs uniques pour être rentable ?
Pour rappel, lorsque j'étais chez AOL, la rubrique informations était celle qui coûtait parmi les plus chère à produire - astreintes diverses, effectif nombreux, etc - et parmi les moins rentables : le CPM était ridiculement bas. Cela doit toujours être le cas.
Concernant lepost.fr, je pense effectivement qu'il faut le voir comme une expérience à part. D'ailleurs seuls ceux qui suivent l'actu des médias interactifs ont percuté que lepost.fr appartenait au Monde. Pour en parler régulièrement lors de conférence ou formation, bien peu de personnes 1. connaissent le site 2. savent qu'il appartient au monde.
Je note juste que depuis quelques semaines il y a sur lemonde.fr une utilisation de l'emplacement pub pour promouvoir lepost.fr. Sans doute de l'auto promotion, pour "voir"
Question à deux balles : lepost.fr paie-t-il cet emplacement pub ? (ok, c'est fourbe comme question)
Enfin, pour te répondre plus clairement narvic : lemonde.fr récupère gracieusement les articles du papier, pas tant pour les exploiter en audience pub que pour les placer ensuite en archives. La redistribution du CA sur les archives n'est pas forcément très clair non plus...
Bref, c'est un joyeux foutoir, sans parler de la grève actuelle... Quoiqu'il en soit, je me demande ce que foutent les annonceurs. Que veulent-ils ? Seulement des sites de ventes de sonneries de mobile ? Ou des blogs qui leur lèchent les bottes via des billets sponso ? Drôle de situation tout de même...
(ah, et désolé, je sais pas faire court...)
written on 18-Apr-2008
narvic [http://novovision.fr] says:
Poursuivons donc la conversation ;-)
Que veulent les annonceurs ? De l'audience pardi. Est-ce que les sites d'info ont de l'audience ? Oui.
Mais n'y a-t-il pas d'autres types de sites qui ont bien plus d'audience et sont bien plus attirant pour les annonceurs sur le net : moteurs de recherche, sites de partage vidéo et réseaux sociaux ?
Dans l'économie pré-internet, une large partie de la pub était "attachée" aux contenus médias (radio, télé, presse) et les finançait.
Aujourd'hui, on voit un découplage pub/contenus médias qui est assez inquiétant pour l'économie des médias. La pub a de moins en moins besoin du support des médias...
Ce débat rejoint celui ouvert par François Guillot, sur Internet et Opinion (à la suite d'Emmanuel Parody) : "L’affaiblissement de la presse écrite et la question de la production de l’information brute" : "Dans un environnement économique précaire, qui va produire l’information brute ?"
Lire ici : http://internetetopinion.wordpress.com/2008/0 ... rute/
written on 18-Apr-2008
cedric says:
Merci de revenir ![]()
Evidemment, d'autres sites - hors informations générales - proposent une fort belle audience. Pour autant, ces sites gagnent-ils leur vie ? Pas sûr non plus...
Quels sont les sites qui gagnent de l'argent ? Ceux qui ont transformé leur modèle médias initial (je suis un site média sur les femmes pour aufeminin, je suis un moteur de recherche pour google, je suis un réseau social pour myspace) en modèle de services BtoB.
Le site auféminin.com fonctionne très bien, mais ce qu'a acheté Axel Springer c'est surtout la solution technique publicitaire qui permet à Auféminin d'avoir un business model différents de celui d'un média.
Google gagne plus d'argent via les pubs adsense sur les sites l'utilisant que via son moteur de recherche.
Myspace a commencé à gagner de l'argent en vendant du conseil et des mini-sites événementiels aux artistes.
AOL est en train de revenir sur le devant de la scène non pas grâce à son audience, mais comme auféminin, parce qu'ils sont devenus la première régie pub du monde en terme d'inventaire.
D'autre part, comme je le soulignais dans un billet précédent ( http://www.chouingmedia.com/$blog/2008/03/07/ ... sique ), je crois que la pub sur internet est parti du mauvais pas dès le début. Il y a 15 ans on a vendu aux annonceurs un ciblage qui n'était techniquement pas faisable ; il y a 10 ans on est "redescendu" vers un discours "c'est bon pour la notoriété" et donc des affichages en bandeaux à la con, pas adapté au média.
Je crois définitivement au principe de l'affiliation à la tradedoubler pour que les sites médias intègrent pertinemment contenu et services, payés soit par l'annonceur (tradedoubler) soit par le lecteur (les archives du monde.fr - mais là j'ai un doute sur la réelle capacité à dégager des revenus suffisant).
Bon, et sinon effectivement débat intéressant sur Internet et Opinion. Il y a 13 ans, quand j'ai commencé à bosser sur le site web de France 3, nous avions choisi d'être des journalistes avec une approche web, semblable à celle du monde.fr ou des éditeurs d'AOL aujourd'hui. La question n'est plus de savoir qui produit l'information, mais qui la vérifie et l'enrichit.
written on 18-Apr-2008
Moktarama [http://moktaramablog.over-blog.com/] says:
Très bon billets, qui résume bien les choses dans le domaine.
Je relève juste que vous avez oublié l'exception en termes de business model dans la presse française : Le Canard Enchainé, qui n'est pas sur internet, n'a pas de pub et se vent à des centaines de milliers d'exemplaires chaque semaine. Il est, bien sur, bénéficiaire. Et si les médias s'étaient fourvoyés en donnant gratuitement leurs infos sur internet ?
written on 18-Apr-2008
cedric says:
@Moktorama : effectivement, je parlais essentiellement de la presse quotidienne en fait ![]()
Les hebdos s'en sortent bien mieux, effectivement. Mais on est alors dans un autre rythme de production de l'information, à des coûts très différents.
Par contre, sur le net, les hebdos deviennent des quotidiens. Or les hebdos sont, souvent, thématiques : sport, people, culture, divertissement, supplément week-end... Résultat : ils ont une audience offline captive qui est plus apte à aller chez eux pour trouver, sur le net et au quotidien, de l'info qui correspond à leur besoins... thématiques.
Conséquence : ils bouffent du temps de cerveau disponible. Et dans le même genre, on retrouve aussi les blogs qui répondent à ce besoin.
Bref, sur l'info d'actualité - au sens de ce jour - les quotidiens sont concurrencés de partout, à la fois par d'autres titres de presse, par des pure players, mais aussi par les télés et les radios qui se mettent à écrire. Bref, tout le monde au même endroit, ca coince !
written on 18-Apr-2008
frederic [http://www.batir-provencal.com] says:
Est ce que ça sous entends qu'un magazine en ligne thématique (qui peut être présenté sous la forme d'un blog d'ailleurs) peut être rentable ?
written on 18-Apr-2008
Rfly [http://www.tapahont.info] says:
Bonjour,
Encore un sujet passionnant mais en même temps consternant.
La digitalisation de l'information est certainement la chose la plus logique que l'on puisse trouver sur le web. Le web c'est dynamique, réactif, sans limite, comme l'info.
Les médias traditionnel pourtant à la pointe de l'info semblent le réaliser très tard après avoir tenté de convaincre tout le monde que le net n'était rien d'autre que le chaos.
On sait que l'info coute cher à produire si on va la chercher et si on souhaite qu'elle soit de qualité.
On sait que le contenu généré par les utilisateurs c'est bien mais faut être honnête la qualité est souvent absente.
On sait que le trafic est là.
Et on apprend que les annonceurs eux sont toujours à se demander si internet est la solution pour communiquer...
Franchement y a des coups de pieds au cul qui se perdent.
Il y a un autre constat à faire, qui pose une vrai question pour la pub sur le net et donc sur les médias, c'est le problème que soulève Cédric dans son dernier commentaire : Comment faire pour un annonceur pour choisir là où il doit être ? L'offre est très très large, il y a des milliers de sites et il comprend rien au web.
Bilan de l'histoire, pas de thunes pour la qualité, du fric pour le people et les sites X, on est un beau pays de gens intéressant :-D
written on 18-Apr-2008
fred fred [http://hotchaud.wordpress.com/] says:
Excellent article, excellents commentaires.
Je ne pense pas que les annonceurs soient si peu au fait de ce que le web propose mais il vivent parallèlement à la déconfiture de la presse une transformation sévère de leur relation client : l'individualisation.
Le machinternet qui permet à tout gonzo perdu dans sa sous-pente d'éditer un blog autorise également une gestion plus directe de la clientèle, avant, pendant et après la vente. C'est une approche onéreuse mais également payante qui court-circuite une grande partie de la nécessité de créer de la notoriété via une "présence" publicitaire. Acheter de l'espace chez les autres est, en quelque sorte, ajouter une dose d'aléa - cliquera, cliquera pas - dans un process de prise de contact avec le client.
Ce clash entre la pub et l'éditorial est un mal nécessaire - j'ai trop vécu d'article passés à la trappe pour cause de désistement publictiare dans la presse magazine - qui va requérir de réinventer des formules fortes, non consensuelles, pour réactiver un lectorat de niche solvable.
written on 19-Apr-2008
cedric says:
Frédéric, un magazine en ligne thématique peut être rentable. D'ailleurs, je pense que la seule issue pour les médias traditionnels est d'éclater les rubriques en divers sites verticaux gérés par des journalistes experts. Je colle un lien mon billet titré L'avenir en ligne des quotidiens d'actu : les sites spécialisés
Rfly : je ne suis quand même pas aussi catégorique que toi :) Certains annonceurs tentent des campagnes intéressantes en ligne, mais elles ne trouvent pas forcément leur place sur les sites médias. Il faut voir aussi comment se sont comportés les uns et les autres. D'un côté, les médias classiques ont, comme tu dis, allègrement bavé sur le net, jusqu'à avoir un discours très négatif auprès des annonceurs. Quelques années après, il n'est pas toujours évident d'aller les chercher... D'un autre côté, des annonceurs qui ont l'impression qu'ils peuvent prendre la parole sur le net et se passer des médias. Mauvaise pioche : un buzz n'a jamais construit une marque. Alors qu'un discours publicitaire habilement placé sur des supports idoines qui ont vocation, eux, à durer dans le temps, voilà une logique d'immersion pertinente.
C'est pour ça que je ne suis pas fan des agences de buzz...
fredfredSi je comprends bien (samedi, 9h, faut pas trop en demander non plus... (: ), les marques peuvent "squizzer" les campagnes pub pour nouer une relation directe avec leurs clients / prospects ? Dans l'idée, oui. Mais il y a une grande différence de moyens entre vendre un produit via une campagne de pub et essayer d'avoir un discours construit sur le long terme. Pampers l'a fait il y a quelques années en éditant divers sites web de contenu autour des bébés. Pour le faire connaitre, ils ont acheté des rubriques sur divers portails, dont AOL. L'effort financier était double : 1. créer du contenu, 2. acheter de l'espace pour le placer. L'idée était intéressante, mais les lecteurs ont perçu la présence de la marque. Résultat : bof.
Je crois quand même que le public a une lecture différente des choses en fonction de l'émetteur.
written on 19-Apr-2008
Antoine [http://ledeclic.net] says:
C'est vrai, les médias web sont toujours en train de chercher leur modèle économique, et peinent notamment à cause de la frilosité des annonceurs.
Mais on peut constater que c’est tout le modèle de distribution de l’information (news, mais aussi musique, vidéo, et tout type de contenu web) qui est en train de changer et qui finira bien par trouver son financement.
Par ailleurs, la publicité ne recherche aujourd’hui pas que l’audience. On voit apparaître des termes commerciaux comme le contact, ou l’attention. Ce qui laisse penser qu'ils pourraient enfin comprendre qu'ils ont intérêt à rémunérer plus une pub sur un site d'information reconnu que sur un petit blog. L'information n’a pas dit son dernier mot.
written on 21-Apr-2008
fred fred [http://hotchaud.wordpress.com/] says:
Certes "Cédirc" mais aussi OUI "Antoine".
Je lance autre chose : quid de la forme ? Ne sommes-nous pas arrivé au bout des bannières et autres petits emplacements ? Il suffit de jeter un coup d'oeil aux sites "nouveaux médias d'info" comme rue 89 pour voir à quel point la colonne texte, celle qui permet de lire confortablement un texte plus long qu'une dépêche, s'impose à nouveau.
Les petits encarts, même animés, justifiés à l'ère du bas débit, pourissent les pages sans véhiculer correctement la créa visuelle de l'annonceur.
Une annonce "pleine fenêtre" de quelques secondes après un appel de page recrée la "respiration" des maquettes papier.
Remettre chaque chose à sa place, évacuer les raccourcis du vieux web ou tout était dicté par les temps de chargement, c'est, avec la fin du coût d'espace fixé au clic, une façon de faire revenir l'annonceur.
written on 21-Apr-2008
cedric says:
Salut Fred Fred, ravi de te lire à nouveau !
Tu as raison : la plupart des encarts pub sont désormais obsolète. On pourrait même aller plus loin : le concept de bandeau publicitaire n'est pas adapté au web. Les taux de clic sont extrêment bas - sauf à de très rares exceptions.
Les intersticiels qui viennent prendre tout l'écran offre effectivement un bel espace. En france c'est auféminin qui a lancé ce format il y a 5 ans, et certains sites l'utilisent encore beaucoup, comme le journal du net.
Cependant leur utilisation ne peut être que restreinte et bien maitrisé (capé sur la première visite par exemple) tant cela pourrit l'expérience utilisateur en pleine navigation.
Je crois beaucoup plus à l'intégration de services au sein du contenu. Les sites automobiles le font de façon plutôt intelligente avec des annonceurs comme les assureurs ou les organismes de crédit (ex http://www.motorlegend.com/occasion-voiture/t ... .html)
Il y a l'affiliation aussi, qui est beaucoup exploité par les pures players mais assez peu par les sites médias. Pourquoi ? Sans doute parce qu'ils considèrent que ce n'est pas du contenu "noble". A tort je pense : outre du contenu de qualité, l'internaute cherche aussi des services qui lui simplifie la vie.
Vaste question en tout cas
written on 26-Apr-2008
François [http://internetetopinion.wordpress.com] says:
Certes le marché est bien là mais pourquoi le web n'irait-il pas plus loin en termes de pénétration ? Aujourd'hui c'est environ 60% de la population qui est internaute, la fracture numérique est donc toujours là, et le nombre d'internautes progresse d'environ 10-12% par an... Il y a donc encore un potentiel de croissance pour l'audience me semble-t-il.
written on 27-Apr-2008
Domi [http://www.ballejaune.fr] says:
Il parait évident que le support papier est voué à disparaitre.
Le modèle économique du web semble passer obligatoirement par la publicité.
Des conclusions s'imposent : fin de la diversité de l'information ( pas suffisament de pub pour tout le monde ).
Dépréciation de la qualité ( l'important est ailleurs ).
Faut-il s'en émouvoir ? Le temps nous le dira
written on 27-Apr-2008
Greg [http://betagreg.wordpress.com] says:
Bonjour,
Article très intéressant, merci.
Une précision : certains abonnés du Monde paient 15€ pour avoir la version pdf. Cela dope significativement les revenus abonnés.
J'ai une question : existe-t-il des chiffres concernant le coût d'un site avec des fonctionnalités 2.0. Je sais que ma question est vague. Mais est il possible d'avoir un ordre d'idée? Par exemple concernant la nouvelle version de metrofrance.fr?
J'ai du mal à imaginer le coût supplémentaire que névessitent certaines fonctionnalités comme les notations, les commentaires etc.
Merci!
written on 27-Apr-2008
Jean-Baptiste Ingold says:
Je me réveille un peu tard pour cette discussion mais il semble intéressant de faire partager les données sur lemonde.fr que j’avais rapprochées des chiffres de lancement de mediapart.
http://atelier.rfi.fr/forum/topic/show?id=118 ... A5703
Le 25 octobre 2007 la directrice déléguée du site internet du «Monde» donnait une interview au quotidien suisse letemps.ch
http://www.letemps.ch/template/default.asp?pa ... 17830
L’analyse est que le NYT ne générait que 10% de son CA en zone premium contrairement au monde qui en génère 40% dont 25% sur une zone super premium après seulement 9 mois.
Les 90 000 abonnés représente 40% des revenus (11 million en 2006/15 en 2007) ne représentant que 10% du trafic / 90% du trafic est dont généré par les non abonné (quid venant de google news ?)
Elle donnait notamment un élément important concernant les 45 000 abonnés papier s’inscrivant sur internet. Pour chaque abonnement papier convertissant sur internet le journal papier reverse une quote part à la filiale internet.
Concernant les 45 000 abonnées purement internet (6euros par mois)
8 000 paient un super-premium (lancé en février à 15€/mois ou 149 €/an). Cette zone super premium représente déjà 1/4 de CA abonnements.
written on 27-Apr-2008
cedric says:
Merci à tous pour vos commentaires !
A propos du taux de pénétration d'internet et pour répondre à François d'Internet et Opinion : il est vrai qu'il y a encore quelques marges de progression en "brut", mais à mon avis faible. Si effectivement 60% de la population est internaute, qui sont les 40% restants ?
. 15% encore à convaincre (d'acheter un PC surtout, car c'est là que le bas blesse),
. 10% d'irréductibles qui ne voudront pas d'informatique à la maison
. 15% de personnes physiquement inaptes (personnes âgées, jeunes enfants et bébés, malades, etc).
Par contre, plus que le nombre, c'est le temps de connexion qui devrait largement augmenter, notamment avec les connexions en mobilité. Une chose m'avait marqué lorsque j'étais chez AOL : les annonceurs étaient plus séduits par le temps passé sur la plateforme que le nombre de visiteurs uniques. Peut être que si l'attention des internautes se focalisent longtemps sur certains sites alors les annonceurs auront l'impression d'être mieux exposés ? (Supposition hein :)
Greg, Jean Baptiste apporte les compléments d'infos sur les abonnés premium (aah, c'est beau les échanges sur le net ! (: ).
8 000 abonnés premium à 150 euros par mois = 1 440 400 par an.
37 000 abonnés à 6 euros par mois = 2 664 000 par an.
Chiffre d'affaire abonnés : 4 104 400 par an
A propos des chiffres du monde.fr, nous resterons de toute façon dans l'opacité, ce qui est de bonne guerre : si vous avez ceux des Echos, de libération, de marianne, etc, nous sommes tous ici preneurs !
Parmi les infos de Jean Baptiste, une est tout de même étonnante : c'est le papier qui donne de l'argent à la filiale web lorsqu'un de ses abonnés active son abonnement web qui est premium. Comptent-ils dans les 8 000 ? Dans quelle proportion ?
Histoire d'en rajouter une couche : sur 3 millions de visiteurs uniques, seuls 45 000 ont pris un abonnement web. C'est pas beaucoup... Autre chose marrant : ces 4 millions d'euros correspondent à l'investissement de départ de mediapart. Comptent-ils donc atteindre les 45 000 abonnés à la fin de l'année 1 pour disposer de la même somme à la suite ?
Une petite précision : l'idée n'est pas de descendre lemonde.fr mais de l'utiliser comme exemple.
Enfin, pour répondre à Greg sur le coût d'un site dit "web 2.0", seule une réponse de gascon est valable (désolé !). Tout dépend des structures techniques du site de base, de sa flexibilité pour intégrer intelligemment de nouveaux modules, de l'ampleur du projet... Malheureusement je ne connaissais pas le site de metrofrance avant, impossible de vous donner ne serait-ce qu'une estimation. Anyone ?
written on 28-Apr-2008
JM Salaun says:
Merci pour ces informations utiles.
J'ajouterai deux points souvent négligés :
1) les archives ont été indexées par les documentalistes du quotidien et la base de données d'archives est gérée par le quotidien.
2) les archives transforment un journal de référence en une encyclopédie de l'histoire contemporaine qui s'enrichit chaque jour. C'est ce qu'a compris le NYT, mais peut-être trop tard.
written on 28-Apr-2008
Jean-Baptiste [http://rudelle.blogspirit.com/] says:
Bravo pour l'analyse, mais pas forcément d'accord avec la conclusion "la faute, encore et toujours, au prix de la pub".
On peut toujours se dire que les publicitaires sont des gros méchants qui n'ont rien compris au web. Mais cela ne va pas aider les médias en ligne à devenir rentables.
Avant tout, les annonceurs sont des pragmatiques. S'ils ne payent pas plus cher le CPM, c'est que sachant mesurer de manière très précise l'impact d'une campagne (ce qu'ils ne pouvaient pas faire sur le papier), ils connaissent bien mieux le juste prix (= prix où l'investissement pub est rentable) qu'ils sont prêt à investir dans la pub on-line.
Alors malheureusement, la seule voie raisonnable pour les médias on-line, c'est d'adapter leur outil de production aux contraintes du web (ce qui implique certes d'inventer une manière radicalement nouvelle de produit l'info), plutôt que de rêver du jour où les annonceurs seront pret à payer dix fois plus cher le CPM.
written on 02-May-2008
cedric says:
Merci JM Salaun et Jean-Baptiste pour vos commentaires, et désolé pour le temps de réponse (j'étais en déplacement).
Merci pour les précisions concernant le fonctionnement du monde.fr. Ceci dit, encore une fois, ils vont dans le sens du "faisons tout pour que la filiale web soit rentable". Cela devient troublant à force...
A propos des annonceurs, ils sont bien loin d'être méchants. Dans cette histoire tout le monde a sa part de responsabilité, mais je tiens à rappeler mon introduction : l'information d'actualité générale n'est pas viable en France, quelque soit le support.
Sur le net les intermédiaires que sont les régies pub et les centrales d'achat n'ont pas fait leur "révolution culturelle" encore. Pire, ils étaient sensés évangéliser les annonceurs mais cela ne s'est pas passé comme ça. Pour qui a connu les régies pub des gros portails de l'époque, ils allaient parfois jusque -80% pour du CPM. Forcément, quand Yahoo annonce un CPM ridicule, qu'AOL embraye et que MSN ne dit pas non, à une époque où ils concentraient toute l'attention, cela a perverti les annonceurs...
Du coup on se retrouve avec des CPM autour des 5-10 euros. Mais chose intéressante, il est plus proche de 35 euros sur le mobile. Etonnant non ?
written on 02-Nov-2008
jean [http://www.surf-annuaire.net] says:
c'est vraiment un site bien merci
written on 03-Mar-2010
RobertsKerri31 [http://www.lowest-rate-loans.com] says:
If you are willing to buy a car, you would have to receive the business loans. Moreover, my father usually uses a short term loan, which seems to be really rapid.
written 3 days ago
term paper [http://www.primewritings.com] says:
Everything would be okey with your research process when some people notice the best essay writing service to purchase custom essay at. Therefore it is workable to get term papers.
written 2 days ago
buy an essay [http://www.gogetessays.com] says:
If students are willing to find more facts about this topic, they would purchase essays written or buy essay at the term paper writing service.
written 18 hours ago
buy an essay [http://www.supremeessays.com] says:
Students want buy research paper or buy essays about this topic, using the assistance of the paper writing service.