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 Blog » Syndication de contenu : la nouvelle donne

 0 Comments - Add comment | Back to Chouingmedia, blog stratégie éditoriale, formation journaliste, medias et web Written on 27-Sep-2007 by cedric
"Ton contenu est bon, il va me permettre de me construire une audience, je te l'achète". La syndication de contenu a longtemps été l'un des premiers apports d'argent pour les éditeurs. L'apparition du RSS trouble le jeu. Ils sont tous confrontés à cette nouvelle syndication "vraiment simple". Je vous propose pour les jours prochains une série de billets sur différentes facettes de la syndication. N'hésitez pas à faire part de vos points de vue sur cet épineux sujet pour les sites médias.

Au menu :
. syndication de contenu, état des lieux (ci-dessous - et merci à Emmanuel, largement cité)
. Comment atténuer l'effet 'valeur ajoutée (monétaire) pourrie' du RSS ?
. les différentes formes de syndication actuelles
. monétiser le contenu et non son environnement : le bienfondé de l'affiliation

A lire dans la colonne de gauche :
. Sondage : un flux tronqué est-il un motif de désinscription ?
. Enquête sur l'usage des flux RSS par Fred de Villamil
. Que font les principaux blogs US ? Ils passent aux flux tronqués.
. Sélection de liens pour comprendre les enjeux du RSS.

Les vertus de la syndication à l'ancienne


A l'époque où les lecteurs de flux RSS n'existaient pas, certains éditeurs vendaient leur contenu à des aggrégateurs tels Yahoo, AOL ou autres. A la signature du contrat, les manipulations étaient réalisées à la main : le contenu, sous format XML, était récupéré sur le FTP du client ou de l'éditeur par une moulinette. La configuration de cette moulinette se faisant à la main, cela avait un énorme avantage : l'éditeur contrôlait la diffusion de son contenu. Personne ne pouvait le dupliquer et déplacer le lieu de lecture. Un article était lu soit sur les sites clients, soit sur le site original.

Pour des éditeurs dont le business repose sur sa production éditoriale, c'était parfait, en tout cas suffisant. Il ne restait plus qu'à bien commercialiser son contenu pour générer du chiffre d'affaire.

Etat des lieux de la discussion autour de l'utilisation du RSS par les sites médias

. Emmanuel aborde régulièrement la problématique RSS. Ce billet pose à nouveau la problématique flux complets versus flux tronqués. Sur ce point je finis par me dire que les sites doivent avoir une vision très pragmatique. Pour faire simple : votre contenu a faible valeur ajoutée mérite un flux complet. Lorsque votre contenu à une valeur - de production ou de revenus - prévenez juste vos lecteurs via un flux tronqué. Cela impose une petite réflexion sur le ROI de votre contenu. Non, ce n'est pas sale, même sur du contenu créé par des journalistes.

Les blogs, pourtant canal historique de flux RSS complets, se posent eux aussi la question. Aux US les principaux blogs utilisent maintenant des flux RSS tronqués. Normal : ils veulent gagner de l'argent et y arrivent plutôt bien. (CF l'encart dans la colonne de gauche)

Dans un autre registre, c'est à peu près le fonctionnement de la page mesechos réalisée avec netvibes. Il s'y passe une étonnante chose pour les utilisateurs d'aggrégateurs de flux. Alors que nous sommes dans un environnement totalement brandé Les Echos, tous les flux sont tronqués. "Pire", quand on clique sur les liens de certaines rubriques (équipement, énergie, etc), on ouvre l'article dans une nouvelle fenêtre. Cela a l'avantage de faire passer un message clair : un flux RSS est un moyen de savoir ce qu'il y a de nouveau, mais pas un nouveau mode de consultation du contenu. Le contenu, il reste sur le site, lui.

. L'une des réflexions d'Emmanuel (dans le même billet) porte sur l'éventualité que netvibes et autres aggrégateurs fassent payer leur prestation de diffusion auprès des éditeurs.
De prime abord on pourrait se dire que cela tient la route, les aggrégateurs générant du trafic sur les sites éditeurs. Sauf que le trafic n'est pas générateur de valeur. Et surtout sans les éditeurs de contenu, les aggrégateurs n'auraient plus grand chose à se mettre sous la dent.
Du coup, j'inverse le principe et penche plutôt pour un achat de contenu par les aggrégateurs. N'oublions pas que pendant 10 ans Yahoo, AOL et les autres "gros" se sont positionnés en tant qu'aggrégateurs. Cela ne fait que deux ou trois ans qu'ils essaient de se placer sous l'étendard "médias". Petit à petit, pour créer de la valeur autour du contenu aggrégé, ils ont mis en place des équipes éditoriales. Pourrait-on voir débouler des journalistes / éditeurs chez les aggrégateurs 2.0 ?

. Depuis plusieurs années je suis amené à gérer les problèmes soulevés par la syndication de contenu. A juste titre Emmanuel explique que la syndication à l'ancienne perturbe le référencement en créant une duplication malheureuse. J'y suis en ce moment même confronté pour un de mes clients qui commercialise son contenu auprès de portails et dont le référencement est meilleur.
Mais la situation créée par les flux RSS est, à mon sens, bien pire. J'y suis en ce moment même confronté pour ce blog, dont le flux RSS est repris par d'obscurs sites sur-optimisés pour le référencement comme manager2020.
Or, autant mon client a vendu son contenu, autant le mien est repris de façon totalement gratuite via le flux RSS. Pour en avoir discuté avec Jeff ou Fred, les blogueurs essayant de monétiser leur contenu commencent à lutter contre cette utilisation détournée. Quitte à devoir passer au flux tronqué pour éviter tout "duplicate content" ?

Si l'on applique les règles du blogging - dont l'objectif premier est d'avoir une audience sans forcément la monétiser - on devrait mettre la totalité de son contenu dans les flux. La seule différence entre une lecture via un aggrégateur et le site reste son environnement.
Diverses études pointent la faible valeur ajoutée pour les sites médias des lecteurs via flux RSS : ils viennent rarement sur le site, visitent peu de pages et ne sont pas enclins à cliquer sur une pub.
Résultat : vous avez une audience, mais elle ne vous rapporte rien. Ou peu.

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