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Oui, les journalistes papier sont motivés par le web

 3 Comments- Add comment Written on 08-Jul-2010 by cedric

En une année et demi, via la WAN-Ifra, j'ai eu la chance de discuter, préparer, concevoir, et former au web les rédactions de L'Express, de L'Expansion, du Temps, du Télégramme, et dans une moindre mesure celles du Courrier Picard, de L'Equipe, du Progrès.
Autant de journalistes, de rythmes de parution, d'organisations, de cultures et de connaissances d'internet différentes.

Partout, un constat : contrairement à ce que l'on peut entendre deçi delà, les journalistes ne sont pas contre le web.


Il y en a bien quelques uns, souvent grandes gueules, qui expriment violemment leur mépris du support. Ceux-là sont les plus intéressants à convertir. La tâche est ardue, l'évangélisation parfois fatiguante, et l'échec parfois cuisant. Quand on arrive à les faire basculer, ils deviennent d'excellents ambassadeurs.

Il y en a d'autres, parfois proches d'une retraite bien méritée ou au contraire jeune sorti de l'école, qui ne se sentent pas d'entrer dans une nouvelle ère où c'est l'actualité qui impose son rythme. Effectivement, il est loin le confort de bouclages décidés à l'avance...

Mais il y a surtout une grande majorité - environ 80% - qui est prête à comprendre, essayer, tester. Quelque soit leur niveau de départ, ces journalistes sentent qu'il y a un potentiel.

 

Dès qu'on leur parle d'autre chose que de course à la vitesse,
qu'on leur explique l'intérêt des réseaux sociaux,
qu'ils mesurent la puissance du journalisme de données,
qu'ils vibrent à l'adrénaline du direct,
ou qu'ils imaginent le plaisir à faire du web-documentaire,
alors ils sont psychologiquement prêts à 
faire du web.

 

Pourtant, en interne, ils râlent et traînent des pieds. Quels sont les freins à leur participation au site ?

 

1. Un manque notable de stratégie globale

C'est, en tout cas, comme ça que le vive la plupart des journalistes. Souvent à raison, parfois à tort. Dans ce cas, le manque de suivi dans la communication de la part des dirigeants est un drame. 
Quelle qu'en soit la raison, c'est sans aucun doute le frein principal. "Si au moins on savait un peu où on va, ce serait plus simple de s'investir" ; "De toute façon, ils font tout au doigt mouillé".

 

2. Une organisation pas adaptée

De ce manque de stratégie découle un manque d'organisation. Fatalement, quand vous ne savez pas où aller, vous tirez un peu tout azimut en essayant de maintenir un semblant de certitudes. Pourtant, personne n'est vraiment dupe. Il y a un moment où il faudra *vraiment* réfléchir.

Jusqu'ici les états-majors se sont posés une unique question : "bon, comment faire rentrer un peu de web là dedans ?". Pas de bol, c'est la mauvaise ; la bonne est bien plus large et mérite un billet à part entière.

 

3. L'existence de castes savamment entretenues par les rédactions papier

"Le web, c'est un peu une feuille de chou numérique" ; "Les p'tits jeunes, ils sont sympas hein, mais franchement, ils ne font pas du journalisme". Effectivement, il ne font pas *que* du journalisme. Ils inventent un nouveau média. C'est peut être le fait d'avoir raté le train qui rend les old school journalistes parfois aigris.

Ces réflexions, dispensées allègrement deçi delà, amènent à découper la rédaction en castes. Il y a les "vrais", et les autres. 

 

4. Les équipes web développent un sentiment d'infériorité

Face à ce rabaissement permanent, les *effectivement plus* jeunes journalistes numériques osent à peine "demander" à leurs aînés. Il faut du courage pour aller expliquer à un grand reporter de 52 ans que "oui, ce serait bien que son papier pour le web soit rendu avant midi, parce qu'après il est un peu trop tard".

Pour faire court, les équipes web sont faiblement armées pour imposer ce qui doit l'être.

 

5. L'absence d'explication sur l'audience du site

Contrairement à toute attente, c'est aussi par les chiffres que l'on peut convaincre. L'idéal serait d'avoir des chiffres comptables positifs à présenter, afin de montrer la capacité du web à générer des revenus, mais c'est encore un peu tôt...

En attendant, savoir ce qui marche, pourquoi, avec quel temps passé, quelle organisation, voilà des explications qui ne sont jamais - et là pour le coup je pèse mes mots - données. Sans doute pour ne pas vexer les uns et les autres.

Un obscurantisme que l'on trouve aussi parfois dans le papier. Certaines journaux font des vu-lu qu'ils ne montrent pas à la rédaction. La raison est simple : certaines rubriques, considérées comme nobles au sein du journal - comme l'international dans un quotidien régional - ont des taux de lecture proches de zéro. Quand les journalistes pensent participer à la défense de la démocratie, comment leur expliquer que leur travail quotidien ne participe de pas grand chose...

Tout est là, pourtant. Les outils de stats permettent d'avoir une multitude de données, mais cela ne suffit évidemment pas.

Les moyens d'accès sont si multiples sur le web qu'il est indispensable d'expliquer le contexte. Il ne faut *jamais* envoyer un simple "Top 10 des articles les plus lus". Mise en avant sur la page d'accueil pendant telle durée, présence dans la newsletter, dans le flux RSS, liens depuis d'autres sites, etc. Autant de facteurs qui expliquent le succès ou l'échec d'un dossier.

Pour faire cela, le temps est colossal. Vraiment. Et il n'est pas à la portée de tout le monde. Se plonger dans les chiffres n'est pas franchement dans l'ADN des journalistes. Pourtant, c'est indispensable pour comprendre le média. 

 

6. La sensation que le plaisir n'est pas possible

Un frein qui peut paraître étonnant. Après tout, on est au boulot.

Pourtant, ne levez que celui-ci, et tous les autres freins disparaissent par enchantement. Le plaisir est un message que j'essaie de faire passer lors de mes interventions. On peut s'éclater sur le web, les formats sont magiques, le rapport au lecteur est quelque chose d'étonnant et travailler en équipe (avec des graphistes, des designers, etc) est, en fait, rafraîchissant.

D'ailleurs, ceux qui y ont goûté deviennent accro.

Le web, par son aspect technique, est un apprentissage ingrat, proche de la musique. Oui, il faut faire un effort, oui il faut répéter, rater, se concentrer. Mais quand cela fonctionne, que vous recevez des messages de félicitations, que vous avez la sensation de participer à un débat intelligible, alors le plaisir est décuplé par rapport à l'onanisme dérisoire de voir son article placé en Une. C'est... autre chose.

 

Au quotidien, rendez-vous sur twitter !

Comments

  • written on 12-Jul-2010

    manhack [http://wiki.rewriting.net] says:

    J'abonde et plussoie... lors de ma dernière intervention à L'Est Républicain, plusieurs des journalistes, commerciaux et al. à qui j'étais censé exposer le "bimédia", et ce que pouvait apporter le Net au journalisme traditionnel, m'ont demandé si leur direction avait elle aussi assister à ma présentation, réclamant instamment qu'ils puissent eux aussi en profiter, parce que le problème est bien souvent "en haut", et pas "en bas"...

    Or, et c'est l'un des principaux enseignements du Net, sa force est d'être "bottom-up", pas "top down", ce qui défie effectivement une bonne partie des schémas journalistiques et médiatiques d'antan...

    Prochain objectif : ne pas seulement causer aux journalistes, mais aussi et surtout à leurs employeurs...

  • written on 13-Jul-2010

    philippe [http://imagesetsonsduberryleblog.owni.fr/] says:

    Je bosse en PQR et j'ai écrit un papier sur un lycéen arrêté en 1942 (par les gendarmes) et mort en déportation. L'article est aussi paru sur le web et a été lu par plusieurs membres de la famille, qui ne connaissaient pas les circonstances exactes de son arrestation. Rien que pour ça, j'aime le web ! (mais aussi pour les nouveaux formats qu'il permet (texte son image). http://bit.ly/dqUhbm

  • written on 13-Jul-2010

    Sylvano says:

    Bien vu Cedric,

    Je bosse pour la rédaction Web d'un quotidien et tes remarques collent à la réalité. Les choses évoluent très lentement, depuis des années, on sent que "ça vient", mais bon...

    Maintenant, le sujet porte surtout sur le fonds. Les infos sur le Web et celles du papier/radio/télé sont des gouttes de la même eau.

    En clair, tous les progrès, les nouveautés apportées par le Net se servent à rien si c'est pour distiller le même brouet inodorant.

    Pas de vraie info, pas de lecteur.

    S

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If enquête de journaliste = enquête de police > besoin d'équipes pluridisciplinaires

 2 Comments- Add comment Written on 30-Jun-2010 by cedric

L'autre jour, Xavier de la Porte a publié Peut-on être journaliste d'investigation sans être hacker ?
La semaine dernière, en zappant, nous sommes tombés sur la série NCIS.

L'autre soir, en lavant les biberons, association d'idées. Mais bien sûr !

Dans les séries télévisées, les policiers / enquêteurs se sont largement modernisés ces dernières années. D'un Colombo au regard douteux (mais efficace), nous sommes passés à des "team" mélangeant joyeusement flic de la vieille école, bleu-bite aux méthodes musclées, demoiselle à la poitrine aussi développée que le cerveau et geek à lunettes ou à bouton (ou en version demoiselle : grosse à lunettes avec bouton - cf Bones).

Les ruses des méchants étant de plus en plus fourbes, les enquêtes compliquées sont résolues grâce à la complémentarité des compétences.
Ca vous fait marrer, mais dans la vraie vie, la gendarmerie recrute des enquêteurs au profil technique.

Quid des journalistes ? N'est-on pas resté au temps de Colombo ?
Quel sera le premier média classique (owni le fait déjà...) qui intégrera, enfin !, des développeurs, hackers, statisticiens, graphistes et autres compétences diverses au coeur de la rédaction, et non comme une fonction support vue de haut ?
Plutôt que d'aller vers des journalistes faisant un peu de tout, ne faut-il pas mieux puiser l'excellence dans chaque compétence ?

Evidemment, vous allez dire qu'une enquête de journaliste n'a rien à voir avec une enquête de police. Le but est évidemment différent, mais pour qui se positionne sur le crédo "je cherche la vérité, toute la vérité", ne pas utiliser l'éventail des compétences disponibles dans le cadre d'une enquête parait être une erreur.

Comments

  • written on 02-Jul-2010

    jean [http://papierbrouillon.posterous.com/] says:

    Bonjour Cédric

    Sur le fond, je suis d'accord (nécessité d'un partage des compétences et horizontal).

    Mais plusieurs réserves à ton papier.

    1. Ton idée est séduisante. Mais les médias, même connus, ont déjà du mal à dépêcher un journaliste sur une enquête pendant plusieurs jours. Alors, une "team", je n'en parle même pas.

    2. Tu cites Owni. Aussi sympatique que soit leur projet, je n'ai rien vu, concrètement, au delà des déclarations d'intention (le site est très fort dans sa communication) qui montre un traitement de l'info vraiment innovant. Le site fonctionne aujourd'hui de manière assez classique (agrégation + production d'articles). Les projets de datajournalism, notamment celui sur les caméras de surveillance qui pouvaient être très intéressants, n'ont débouché sur rien de vraiment pertinent (faute de ressources humaines, je veux bien le concevoir) : aucun scoop, aucune analyse de fond, aucune exploitation des données recueillies (ce n'est pas un reproche, c'est un média jeune, tout à fait normal).

    3. J'ai parfois l'impression que dans la réflexion sur l'avenir du jounalisme (web ou pas), il y une sorte de fuite en avant en citant et se référant tout le temps à des projets à très (trop) haute valeur ajoutée (qualitative ou technologique). On va citer Wikileaks comme avenir de l'enquête comme on va citer XXI ou pour l'avenir du reportage. Il y a aussi une sorte de "mode" du journalisme web : un jour l'avenir est au "journalisme visuel",le lendemain au "datajournalism"..

    C'est certes très glamour de parler de journaliste hacker, très chic de dire qu'on fait du gonzo journalism mais ca ne concerne absolument pas la sociologie des journalistes aujourd'hui. En France, l'investigation doit être le quotidien d'une cinquantaine de journalistes et à mon avis, un très faible pourcentage des journalistes en France sont capables d'écrire des reportages de la qualité de ceux publiés par XXI.

    Personnellement, je pense que l'avenir sur le web est aux projets éditoriaux plus simples, plus modestes, mais réalisables (et oui, pourquoi pas avec les compétences d'un graphiste, d'un statisticien... ).

    Désolé de ne pas être très clair.

  • written on 14-Jul-2010

    Haberbusch [http://www.monjournalisme.fr] says:

    Je suis assez d'accord avec Jean. Et j'irai plus loin : comment imaginer faire travailler un hacker sur un projet journalistique quand aujourd'hui une émission comme les Infiltrés est déjà à la limite de la déontologie. Le hacking, que décrit le roman Millénium pour rester dans la comparaison romancée, me semble très discutable et faire sortir le journaliste de son rôle.

    En revanche je souscris complètement au besoin de moderniser la pratique du journalisme, en prenant modèle plus que sur les policiers, sur les démarches des scientifiques, de plus en plus pluridisciplinaires et fondées sur des équipements lourds ou mi-lourds. Voir notamment ce billet : http://monjournalisme.fr/2010/02/les-redactio ... tifs/

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Patrons et politiques peuvent museler les médias, l'information restera en ligne

 4 Comments- Add comment Written on 25-Jun-2010 by cedric

Guillon, Porte, et sans doute quelques autres qui ne font pas dans la dentelle. En les virant, les patrons de radios espèrent mettre un couvercle sur leur humour corrosif, heureux de défendre les modestes vertus de leurs redactions.
Il y a, dans ces décisions, une dimension que ces patrons et les éventuels politiques impliqués oublient totalement. Ces humoristes n'ont absolument pas besoin de radio, de télé ou de tribune dans les journaux pour répandre leurs éditos.

Une bonne présence en ligne, entre des vidéos sur dailymotion ou YouTube, un éventuel blog bien foutu et des relais faciles via les réseaux sociaux, et voilà que la diffusion de leurs idées, ô combien subversives selon certains, est assurée.
Certes, ils ne vont pas en vivre. Mais l'esprit sera respecté, et la liberté d'expression garantie.

 

Il est d'ailleurs amusant de constater qu'aujourd'hui, la vraie liberté d'expression se trouve en ligne et non plus dans les médias. Sont-ils définitivement devenus des institutions sans intérêt ? Fin d'une époque ? 

On ne dira pas ici que les prochaines élections se joueront sur le web, ce serait largement exagéré.
Par contre, on affirme sans trop de difficulté que le paysage médiatique français sera radicalement différent dans 3 ans de ce qu'il était en 2007.

Evidemment, le web apporte son lot de nouveaux usages, mais il est loin d'être l'unique changement en cours. Plusieurs constatations contredisent les stratégies (réelles ou supposées) du gouvernement et de Nicolas Sarkozy.

. Certains annonceurs sont en train d'éclater totalement leurs achats d'espace. Le principe : passer de 100 supports à 10.000 à budget constant. Ces 10.000 supports sont autant de lieux d'informations qu'il devient impossible de contrôler politiquement parlant. Pourtant, ils répondent aux besoins d'exposition des annonceurs.

- TF1 et M6 voient leurs revenus publicitaires s'écrouler : -27% pour TF1, -11% pour M6 (2009). Des chiffres contraires à la supposée machiavélique manoeuvre qui consistait à supprimer la pub sur France Télévisions pour engraisser ses copains.

- Les anti-hadopi, et plus largement ceux qui ont compris que le gouvernement fait fausse route sur internet, se font entendre physiquement dans la rue. De gadget pour adolescents internet est devenu un thème politique, fédérateur. Certes, le mouvement est relativement modeste. Ceci dit ils maîtrisent les réseaux d'informations en ligne, non par leur nombre, mais par leur raisonnement juste.
L'éclosion des partis pirates - qui réalisent des scores tout à fait honorables - sont une preuve "in vivo" de l'émergence d'une façon de vivre inspirée du "digital".

- Quand des personnes déménagent, l'une de leur première question est "Et ici, niveau débit internet, c'est comment ?". Certains intègrent la proximité d'un NRA comme l'un des critères de sélection d'un logement.

- le parlement européen, par opposition à Sarkozy ou par compréhension de l'enjeu, ne se laisse pas totalement entraîner dans un aberrant contrôle du net.

- free, dont le chiffre d'affaire a augmenté de 44% l'an dernier, est l'une des sociétés les plus puissantes en France, en terme de notoriété et de lobbying. L'innovation "disruptive" - c'est à dire qui casse tout un marché - montre à quel point nous sommes sensibles à ceux qui sont capables de renverser une situation sclérosée.

- Google, première entreprise au monde, réalise la majeure partie de son chiffre d'affaire sans rien vendre.

Un dernier élément vient clore et conclure cette liste. Frédéric Filloux a raison (même si son titre est un peu survendu...) quand il écrit que Sarkozy a acheté la presse. Mais ce que ne soulève pas Frédéric, c'est qu'acheter la presse, ce n'est plus acheter "toute" l'influence. La presse d'informations est confrontée à une montée en puissance de mouvements d'idées bien plus libres et agiles, notamment grâce à leur utilisation du web.

La sensation - parce que cela reste une sensation pour le moment - qui monte doucement est que les média sont devenus des institutions fragilisées. Partant, ceux qui considèrent qu'elles sont les uniques relais d'opinions se trompent sur les lieux de partage de l'information.

Comments

  • written on 25-Jun-2010

    narvic [http://novovision.fr] says:

    "Google, première entreprise au monde", tu exagères. Microsoft pèse 2,5 fois plus lourd et Apple encore plus, maintenant qu'il a devancé Microsoft. ;-)

  • written on 25-Jun-2010

    cedric says:

    Hum, effectivement c'est un peu exagéré Le fait est que j'ai ressorti ce papier de mon "marbre", du coup certaines infos datent un peu...
    Si c'est la seule info foireuse, je m'en sors pas trop mal.

  • written on 29-Jun-2010

    Oncle Tom [http://case.oncle-tom.net] says:

    Ah, tes analyses me manquaient !

    J'aime beaucoup la conclusion, « acheter la presse, ce n'est plus acheter "toute" l'influence ».

  • written on 29-Jun-2010

    JiBD says:

    sarko se paye des médias de vieux : presse quot et hebdo, Radio France, France Télévision et dans une moindre mesure les tranches d'info de TF1.
    La pratique du net reste gloabelement un truc plus imperméable aux +de 50 ans. Ils ne s'informent pas là. Maus ceux sont eux qui votent.
    De mon côté, le foisonnement de l'info en ligne me pose un problème du point de vue de l'expression démocratique. Car il s'agit pour l'essentiel d'info sans moyen. Combien de sites sont réellement producteurs d'info (vérifiées, indédites) ? Surtout, combien sont-ils à être tenu par la déontologie journalistique ? Je veux dire qu'internet permet d'enrichir à peu de frais les débats, via la quantité d'avis différents, mais pas nécessairement par la qualité des informations (originalité, recoupement, vérification, honnêteté).

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