Written on 16-Feb-2007 by
cedricRédigé sur mon précédent blog le 29 septembre 2006Cette interrogation m'est venue en lisant un (vieux) billet de
Fred Cavazza sur myspace. Je cite Fred qui cite
Mark Naples :
... le web en tant que média est en train de vivre le même séisme
avec la montée en puissance de MySpace que les médias traditionnels
(radio, TV) lors du décollage de l'internet. Comprenez par là que les
annonceurs qui pensaient maîtriser un minimum le canal (internet) et
les cibles (les internautes) se retrouvent confrontés une population
qui échappe complètement à leur contrôle (les ados) et qui
interagissent sur un médium qu'ils ne comprennent pas (les réseaux
sociaux)
Que dit-il ? Si j'ai bien compris les internautes de myspace ont un
comportement plus ou moins imprévisible, surfant de blogs en blogs (et
non de sites en sites) à l'audience minimale, difficile à capter donc.
Un annonceur est rattaché à une identité numérique
Alors, comment toucher cette population ? L'une des solutions serait de
sponsoriser des personnes, et non de financer des sites. Le principe
est le suivant : les internautes sont de plus en plus participatifs via
les blogs qu'ils créent ou les commentaires qu'ils rédigent. Or
certaines personnes, via la pertinence de leurs interventions, sont
devenus des prescripteurs. Ce que disent ces personnes vaut donc de
l'argent. Pas des tonnes, mais un peu.
Le résultat visible en ligne est assez simple : le logo de l'annonceur
apparait en face du pseudo sponsorisé ou, plus discret, le lien du
pseudo qui renvoie souvent vers un espace perso renverrait vers le site
du sponsor. Cette rémunération de l'identité numérique oblige
l'internaute sponsorisé à au moins deux choses :
. la création de son identité numérique. Pour le coup, c'est une chose
que les (jeunes) internautes font naturellement via la création de
skyblogs, l'intervention sur des sites via des commentaires, et
maintenant l'exposition impressionnante de leur qualité de danceur plus
ou moins sexy dans youtube,
. la gestion de cette identité numérique : avoir une présence sur le
net n'est pas anodin. Les internautes qui ont choisi un pseudo, un
style, des thèmes sur lesquels intervenir existent "virtuellement".
Cette identité doit déjà être un peu gérée : les recruteurs googlisent
de plus en plus les candidats autant, sans doute, que les écoles
d'ingénieurs ou de commerce lors des concours d'entrée. Si leur
identité est sponsorisée, ils devront la contrôler.
Les conséquences de cette prospective sont à la fois terrifiantes et séduisantes.
Terrifiantes : le sponsoring d'humain n'était valable que dans le sport
et le showbiz. Désormais, on le rend accessible à tout le monde. Dans
le genre je crée une génération qui "veut faire ça" "Ca quoi ?" "Ben
gagner de l'argent parce que j'existe", c'est encore pire que la
télé-réalité.
Séduisantes parce que cela nécessite une réflexion sur la portée de ses
actes, même sur le net. Et là, on en est très loin, qu'il s'agisse de
l'ortoggrafffe ou de vidéos personnelles pour lesquelles
youtube organise des concours comme
Underground.